GONCOURT, Edmond et Jules de

Journal des Goncourt - Mémoires de la vie littéraire

Paris, G. Charpentier, 1887-1896

EXEMPLAIRE SUR HOLLANDE, EN RELIURE UNIFORME, ET EN PARTIE ANNOTÉ PAR EDMOND DE GONCOURT.

PROMENADE ESSENTIELLE DANS LA FIN DU SIÈCLE, CONDUITE PAR UN STYLE REMARQUABLE

ÉDITION ORIGINALE

9 volumes in-12 (183 x 116mm)

TIRAGE : un des 50 exemplaires sur hollande, deuxième papier. Volumes respectivement numérotés 6, 28, 18, 37, 20, 35, 33, 33 et 22. Le volume IX est bien avant le carton p. 254
ANNOTATIONS : une trentaine de corrections autographes d’Edmond de Goncourt dans le tome I, à l’encre noire, soit ajouts, soit suppressions, soit remplacements :
p. 61 : “blanc / le bras et la main capillaire [?] / de mon vieux cousin de Villedeuil” ; rature -- p. 73 : “peint” ; deux ratures -- p. 84 : rature -- p. 102 : rature
p. 146 : rature -- p. 147 : “Méryon” -- p. 204 : “Charlyne de [nom illisible]” -- p. 221 : suppression -- p. 226 : rature -- p. 239 : “la peinture française” -- p. 250 : “tremblement” -- p. 254 : “ainsi que” -- p. 259 : “a” -- p. 289 : long trait -- p. 293 : illisible -- p. 303 : “Jean-Michel” -- p. 311 : “Note (1) c’est ce récit qui nous donnait l’idée du roman de Soeur Philomène” -- p. 327 : “avec / mal peint” -- p. 350 : “comme” -- p. 367 : “28.000” -- p. 374 : rature -- p. 383 : “hon ! hon !” -- p. 389 : “u” -- p. 391 : “passe” -- p. 392 : rature -- p. 400 : “[Mé]ryon / (Jean-Michel) 303”
RELIURES UNIFORMES SIGNÉES DE HUSER. Dos et coins de maroquin brun vert, dos à nerfs ornés, plats de papier marbré, tranches supérieures dorées, couvertures et dos conservés

Déchirure restaurée aux couvertures des tomes VI et IX et au faux titre du tome VI

La trentaine d’annotations et corrections autographes d’Edmond de Goncourt dans cet exemplaire ont bien été reportées dans les éditions suivantes, notamment la grande édition de Monte Carlo, de 1956, entreprise d’après le manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France. L’exemplaire imprimé de l’édition originale conservé à la Bibliothèque nationale de France est d’ailleurs vierge, sans annotation. Edmond de Goncourt a-t-il annoté cet exemplaire-ci en vue d’épreuves pour une réédition, ou est-ce, plus probablement - puisque l’exemplaire est imprimé sur hollande -, un exemplaire de présent qu’il n’a pas voulu laisser fautif ? Les annotations de cet exemplaires ne sont pas seulement des corrections typographiques. Elles dévoilent certains noms, donnent certaines clés, à usage privé, de ce qui ne pouvait être imprimé pour tous. L’exemplaire fut donc annoté pour quelqu’un de confiance. La première de ces annotations (page 61), par exemple, donne explicitement le nom d’un vieillard avare... qui n’est autre que l’oncle des Goncourt.

Edmond de Goncourt avait bien prévu les nombreuses attaques de ceux dont le Journal faisait un portrait peu élogieux. En tête du volume VI (1892), il justifie le tri qu’il a opéré parmi ses notes :

“Dans un Journal, comme celui que je publie, la vérité absolue sur les hommes et les femmes, rencontrés le long de mon existence, se compose d’une vérité agréable - dont on veut bien ; mais presque toujours tempérée par une vérité désagréable - dont on ne veut absolument pas”.

Edmond de Goncourt avait donc du faire un tri important dans l’énorme manuscrit du Journal pour n’en garder que neuf volumes passant la censure, ceux de cette édition originale. On reprocha cependant immédiatement à Edmond d’avoir reproduit des conversations souvent très libres qui n’étaient pas destinées au public, d’avoir rapporté des observations et des jugements désobligeants, voire calomnieux, des uns sur les autres, d’avoir ridiculisé des gens respectables en dévoilant leur nullité.

Le manuscrit du Journal des Goncourt fut remis à la Bibliothèque nationale de France, selon le testament d’Edmond de Goncourt :

“après ma mort, il sera trouvé, dans ma petite armoire de Boulle, placée dans mon cabinet de travail, une série de cahiers portant pour titre : Journal de la vie littéraire, commencé par mon frère et moi le 2 décembre 1851. Je veux que ces cahiers soient immédiatement cachetés et déposés chez Me Duplan, mon notaire, où ils resteront scellés vingt ans, au bout desquels ils seront remis au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale et pourront être consultés et livrés à l’impression”.

Il ne fallut pas attendre vingt ans mais plus de cinquante pour que soit publiée une édtion exhaustive du Journal des Goncourt.

BIBLIOGRAPHIE : Clouzot, Guide du bibliophile français, p. 137 -- Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, III, col. 1065-1067 -- Léon Deffoux, Chronique de l’Académie Goncourt, Paris, 1929

BKS : 10744

 

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