GIDE, André et Maurice DENIS

Le Voyage d'Urien

Paris, Librairie de l’Art indépendant, 1893

ENVOI D’ANDRÉ GIDE AU POÈTE ET CRITIQUE ANDRÉ FONTAINAS, AMI DE PAUL GAUGUIN ET DE ROLAND BARTHES.

HISTOIRE D’UN PASSEUR ET DE L’UN DES MAÎTRES DU MERCURE DE FRANCE

ÉDITION ORIGINALE

In-4 (194 x 184mm)
TIRAGE à 300 exemplaires sur hollande, celui-ci numéroté 25 à la plume
ILLUSTRATION : 30 lithographies originales de Maurice Denis, imprimées en deux couleurs dont 7 de grand format et une gravure sur bois imprimée en noir pour la couverture
ENVOI autographe signé : À André Fontainas, bien cordialement, André Gide
RELIURE SIGNÉE DE CHARLES SEPTIER (actif à Paris de 1933 à 1958). Maroquin vert, dos à nerfs, tranches dorées, couverture conservée
PROVENANCE : Paul Voûte (ex-libris)

André Gide et André Fontainas se rencontrent chez Stéphane Mallarmé en 1893. Gide a vingt-quatre ans, Fontainas en a vingt-huit. Gide a publié les Cahier d'André Walter, les Poésies d'André Walter et La Tentative amoureuse. Fontainas a publié deux recueils de poésie symboliste : Le Sang des fleurs et Les Vergers illusoires. Trois ans plus tard, Remy de Gourmont consacrera à chacun d'eux un chapitre de son Livre des Masques.

Leur amitié commença donc rue de Rome. André Fontainas avait eu Stéphane Mallarmé comme profeseur au lycée Condorcet. Parmi ses camarades d’alors figurent de futurs amis de Gide : Stuart Merrill, Ephraïm Mikhaël et Rodolphe Darzens. André Gide et André Fontainas fréquentent le même monde. Plus tard, ils se retrouvent au Mercure de France. Gide y publie certains de ses livres. Fontainas y tient d’abord la critique d'art, de 1896 à 1902, celle du théâtre, de 1906 à 1911, et pour finir la critique poétique, de 1919 à sa mort. Il publiera plusieurs dizaines d'ouvrages : des recueils de poésie, une histoire de la peinture française, des monographies d’artistes (Franz Hals, Courbet, Daumier, Constable), des romans, les Notes d'un témoin : de Stéphane Mallarmé à Paul Valéry, des Souvenirs du Symbolisme, les Confessions d'un poète, des traductions de Thomas De Quincey, John Keats, George Merediili, Shelley, Swinburne, une biographie d'Edgar Poe etc. Les deux écrivains entretiendront des relations d'amitié pendant quarante-cinq ans. Près de cinquante lettres qu’ils échangèrent entre 1893 et 1938 sont connues.

Le Voyage d’Urien est le livre que publie donc Gide l’année de leur rencontre. À la réception de son exemplaire, André Fontainas adresse une de ses premières longues lettres à André Gide :

“j'ai donc eu la joie d'être l'un des premiers à lire votre beau livre et sans doute suis-je un des premiers à vous remercier du pur et nouveau plaisir d'artiste que cette lecture compose pour qui peut comprendre ou sentir à demi-mot [...] Nous sommes d'étranges pantins et, avec notre manie ridicule de ratiociner à propos de rien et de tout, ce qui nous peut tout juste réconforter, c'est de voir qu'à tout prendre nous ne sommes guère plus ni autrement pantins que les autres hommes, et que tout, en définitive, finit par s'équivaloir […] M'en voudrez-vous de ces oiseuses réflexions un peu bien banales que votre livre me suggère, et de n'oser naturellement, après cela, vous louer de la nouveauté audacieuse de votre fiction, et de l'ordonnance savante de vos phrases ? Je tiens uniquement à vous remercier d'avoir songé à m'en offrir un exemplaire”.

Une plaque apposée au 21 avenue Mozart rappelle au promeneur que “dans cette maison, le poète André Fontainas a vécu depuis 1915. Il y est mort le 2 décembre 1948”, entouré d'un carré de fidèles. Parmi ceux-ci figurait Roland Barthes.


BIBLIOGRAPHIE : Henry de Paysac, “André Gide - André Fontainas : Correspondance (1893-1938). Une amitié bien tempérée”, in Bulletin des amis d’André Gide, n° 103-104, juillet-octobre 1994, pp. 377 et suiv.

BKS : 10141

 

Plus d'informations : jean-baptiste@deproyart.com

 

Exposition publique à la librairie sur rendez vous uniquement