PERGAUD, Louis

 

8500 €

PERGAUD, Louis

Le Roman de Miraut. Chien de chasse

Paris, Mercure de France, 1913

EXEMPLAIRE DE TÊTE AVEC UN SUPERBE ENVOI LITTÉRAIRE À RACHILDE, L’UNE DES GRANDES FIGURES INTELLECTUELLES DU MONDE LITTÉRAIRE PARISIEN D’ALORS.

BEAU TEXTE DE LITTÉRATURE SUR LA NATURE ET LA CHASSE, PAR L’AUTEUR DE LA GUERRE DES BOUTONS

ÉDITION ORIGINALE

In-12 (186 x 120mm)

TIRAGE : exemplaire n° 10, l’un des 19 EXEMPLAIRES DE TÊTE imprimés sur papier de Hollande
ENVOI autographe signé :
                                     
          à Madame Rachilde
          pour augmenter sa Ménagerie,
          avec mon affectueux respect
          j’offre ce chien qui ne
          rapporte pas.
          Louis Pergaud

RELIURE SIGNÉE D’ALIX. Maroquin janséniste bleu, dos à nerfs orné, doublure et garde de maroquin rouge, couverture originale et dos conservés, tranches dorées sur témoins. Étui

Avec Charles Péguy et Alain-Fournier, Louis Pergaud (1882-1915) est l’un des trois écrivains français dont le talent naissant et déjà affirmé fut anéanti par la Première Guerre mondiale. Il publie en 1913 ce Roman de miraut, année de Swann, d’Alcools, du Grand Meaulne, des Caves du Vatican et de la Colline inspirée. Pergaud souhaitait le publier d’abord en revue ; ce fut étonnamment L’Humanité dès le 5 septembre 1913, le journal de Jean Jaurès. En 1923, le critique André Beaunier rendit hommage à l’un des meilleurs écrivains de la nature.

“À le lire, on a vraiment cette impression d’une fenêtre qui s’ouvre sur la campagne et qui laisse entrer le grand air des prés et des bois (...) Louis Pergaud aurait à peine un peu plus de quarante et un ans. Mais il est mort, au printemps de 1915, à la guerre : il avait trente-trois ans. Il était né dans la belle province de Franche-Comté, fils d’un instituteur ; et il a été lui-même instituteur, un peu de temps. Après cela, il vint à Paris et fut employé à la préfecture de la Seine (...) Pergaud dans les bureaux, et rond de cuir ! Pour deviner comme il a dû souffrir et manquer d’air, il faut le lire et voir, dans ses livres, l’homme qu’il était, un paysan, toujours dehors, qui chasse, qui baguenaude et qui ne préfère nulle compagnie à celle des animaux, même sauvages, nulle causerie au silence de la forêt (...) En 1910, ses premières « histoires de bêtes », De Goupil à Margot, lui valurent le prix Goncourt. Ce livre, et puis la Revanche du corbeau, la Guerre des boutons et le Roman de Miraut, chien de chasse, le rendirent promptement célèbre. Il préparait un recueil d’histoires, les Rustiques : et ce fut la guerre (...) au mois d’avril 1915, du côté des Éparges, le 8 avril à deux heures du matin, en pleine nuit, Pergaud, avec ses fantassins, sortait de la tranchée. Ils se heurtèrent à un réseau de fils de fer intact (...) A l’aube, quand ils reçurent l’ordre de se replier, les débris de la section Pergaud revinrent sans leur chef. On n’a plus revu Louis Pergaud. Il avait été blessé au moment qu’il commandait encore : « En avant ! » Et l’on croit que son corps s’est enfoncé, perdu dans la boue”

Pour ces livres publiés avant sa mort, Louis Pergaud avait choisi les éditions du Mercure de France. La fameuse et prolifique romancière Rachilde (1860-1953), familière des thèmes de l’inversion et épouse “blanche” d’Alfred Valette, fondateur du Mercure, tenait un salon littéraire dans les bureaux de la maison d’édition. Il fut fréquenté autant par Guillaume Apollinaire et Alfred Jarry que par Oscar Wilde, Paul Verlaine, Pierre Louÿs ou Natalie Clifford Barney. Pergaud évoque ici ces réunions littéraires dans son envoi par le terme ironique de “Ménagerie”. Il fréquenta ce salon dès l’obtention du prix Goncourt en 1910 pour De Goupil à Margot. Dès ce moment, Paul Léautaud, le remarque comme il le raconte dans son célèbre Journal : “Pergaud est contre la cheminée, seul, modeste, simple (...) je lui fais signe. Il vient. Je me penche vers lui : “Dites donc, quand vous partirez d’ici, vous pourrez écrire de nouvelles Histoires de bêtes.” (9 décembre 1910). C’est à Paul Léautaud que Louis Pergaud offrit la dédicace de ce Roman de Miraut. Chien de chasse.

RÉFÉRENCES : Thiébaud, Bibliographie des ouvrages français sur la chasse, col. 719, qui signale une édition illustrée en 1928 et la traduction espagnole sous le titre La Novela de Miraut publiée en 1921 -- A. Beaunier, “Le Romancier des bêtes. Louis Pergaud”, Revue des Deux Mondes, 1923, pp. 698-709 -- H. Frossard, Louis Pergaud, Besançon, 1982

BKS : 7049

Plus d'informations : jean-baptiste@deproyart.com

 

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