FLAUBERT, Gustave

La Tentation de saint Antoine

Paris, Charpentier, 1874

L’UN DES DOUZE EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR CHINE RELIÉ PAR MARIUS MICHEL.

EXEMPLAIRE DE CH. TORLEY, DE LOUIS CARTIER ET DE PIERRE BERGÉ

ÉDITION ORIGINALE

In-8 (220 x 145mm)
TIRAGE : un des 12 exemplaires sur papier de Chine, celui-ci numéroté 11, justifié et signé par Charpentier
RELIURE SIGNÉE DE MARIUS MICHEL. Plein maroquin rouge, sept filets dorés en encadrement autour des contreplats, couverture bleue d’origine conservée, tête dorée, grands témoins conservés
PROVENANCE : Ch. Torley (exemplaire n° 6 de la liste d’A. Lambiotte, vente de février 1928, 6000 francs, même relieur, même couleur de maroquin et avec les sept filets intérieurs) -- Louis Cartier (Sotheby’s Monaco, 1979, 11.000FF sans les frais -- Pierre Bergé (ex-libris ; Paris, 16 décembre 2020, n° 1055)

La rédaction de La Tentation de saint Antoine occupa Flaubert durant toute sa vie d’écrivain. Les premières ébauches remontent à 1847, soit presque trente ans avant la publication du roman. C’est certainement l’œuvre à laquelle il eut le plus de plaisir à travailler, comme il l’écrit à Louise Colet, le 6 avril 1853 : “Saint Antoine ne m'a pas demandé le quart de la tension d'esprit que la Bovary me cause. C'était un déversoir ; je n'ai eu que plaisir à l'écrire, et les dix-huit mois que j'ai passés à en écrire les 500 pages ont été les plus profondément voluptueuses de toute ma vie.”

La peine au travail avait pourtant été réelle. Après trente ans de versions sans cesse remaniées, l'ouvrage paraît finalement en avril 1874. Certains extraits avaient été publiés par Théophile Gautier dans L'Artiste des 21 et 26 décembre 1857. Baudelaire avait entrevu alors que cet ouvrage pouvait être ''une œuvre plus intéressante pour les poètes et les philosophes que Madame Bovary''. Ce roman prend sa source dans les souvenirs d'enfance de Flaubert et particulièrement dans le théâtre de marionnettes de la foire de Rouen.

Il est plusieurs fois fait allusion à La Tentation de saint Antoine dans le Journal des Goncourt : “[Flaubert] me retient à dîner, et après dîner, il me lit de sa Tentation de saint Antoine ... Flaubert, en malin qu’il est, a choisi, depuis plusieurs années, les milieux les plus colorés, les plus excentriques, les plus carthaginois, les plus épatants pour les bourgeois.” (9 novembre 1871).

Auguste Lambiotte, dans son précieux recensement des exemplaires sur chine ou sur hollande de La Tentation de saint Antoine, n’avait repéré que dix exemplaires sur chine : “aucun d’eux ne porte de dédicace et un seul était encore broché en 1945”.

Sur les douze exemplaires sur Chine, seuls quelques-uns ont émergé sur le marché : cet exemplaire des anciennes collections Louis Cartier et Pierre Bergé et celui de la vente Charles Hayoit (novembre 2005, lot 53, €33.000) auquel étaient joints une page du manuscrit et deux lettres autographes.




BIBLIOGRAPHIE : M. Clouzot, Guide du bibliophile français, p. 121 -- L. Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne, I, 269 -- G. Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, III, 728 -- Auguste Lambiotte, “Les exemplaires en grand papier de La Tentation de saint Antoine et des Trois Contes”, Le Livre et l'Estampe (n° 20, 1959, p. 236, n° 6).

BKS : 11300

Plus d'informations : jean-baptiste@deproyart.com

 

Exposition publique à la librairie sur rendez vous uniquement