CHAMISSO, Adalbert von

 

8000 €

CHAMISSO, Adalbert von

Gedichte

Leipzig, Weidmann Buchhandlung, 1831

EXEMPLAIRE DE PROSPER DE BARANTE AVEC UN POÈME AUTOGRAPHE SIGNÉ PAR ADALBERT VON CHAMISSO ÉVOQUANT MADAME DE STAËL : “DIE HOHE HERRIN”... : “LA GRANDE DAME M’A DONNÉ À TOI”...

PROSPER DE BARANTE A ANNOTÉ CE POÈME AVANT DE LE COLLER À LA FIN DU VOLUME.

BARANTE ET CHAMISSO FURENT AMANTS DE GERMAINE DE STAËL. SUIVANT SA RECOMMANDATION, LE PREMIER TROUVA UN POSTE DE PROFESSEUR AU SECOND, POÈTE, TOUJOURS SPLENDIDE MAIS DÉNUÉ DE RESSOURCES

PREMIÈRE ÉDITION COLLECTIVE

In-8 (172 x 105mm)
COLLATION : VI pp., 413 pp.

PIÈCE JOINTE : MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ d’un poème de Chamisso monté sur la dernière garde : Die hohe Herrin hat mich dir gegeben... (La grande dame m’a donné à toi...). Ce poème manuscrit est suivi d’une note autographe de PROSPER DE BARANTE : “Ces vers m’ont été laissés par M. de Chamisso lorsqu’il me quitta en 1811 après avoir passé quelques mois à Napoléon Vendée où il était venu me voir sur la recommandation de Mme de Staël.”
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Dos de chevrette bleue, dos lisse orné et doré, tranches jaspées
PROVENANCE : Prosper, baron de Barante (1782-1866 ; ex-libris collé au contreplat, et étiquette de cote à la fin du volume)

Adalbert von Chamisso, poète malheureux à la destinée si attachante, fut l’un des grands mages du romantisme allemand. Il rencontra Madame de Staël en 1810 lors de son bref exil à Chaumont. Il en devint l’amant. Elle ne pouvait pas demeurer insensible à ce jeune poète déjà célèbre par ses vers publiés à Berlin. Prosper de Barante avait quelque temps auparavant déjà été séduit par Germaine de Staël... et Juliette Récamier. Dénué de toute ressource, Staël recommanda Chamisso à Barante, alors nouveau préfet de Vendée résidant à Napoléon-Vendée (La Roche-sur-Yon). Il lui trouva un poste de professeur au lycée de cette ville pour l’hiver 1810-1811. C’est à cette époque qu’il créa ce merveilleux poème ici manuscrit et qui évoque la figure protectrice de Madame de Staël : Die Hohe Herrin..., La grande dame.

Die hohe Herrin hat mich dir gegeben
Ein Mannes herz ist ein würd’ge Gabe
Mit gleichem Sinn, als dich der Schmerz umgeben,
Ist dir der Freund genaht, dass er dich labe.
Doch reisst hinweg der Strom mich und das Leben,
Ich greife mutig zu dem Wanderstaabe.
Ein Mann ein Wort  und mag das Schicksal walten
Es trennet die nicht, welche fest sich halten

La grande dame m’a donné à toi
Le cœur d’un homme est un don de valeur

Ce poème a été publié deux fois de suite avec ses variantes : une première fois parce qu’elles se rencontrent dans une version jointe à une lettre de Chamisso adressée à Julius Eduard Hitzig, datée de Paris du 22 mars 1810 (Werke, 1842, n° 105, p. 277), et une seconde fois dans les Œuvres complètes publiées pars Ludwig Geiger en 1907. Cette version originelle des variantes semblée inédite.

Cette première édition collective des Gedichte d’Adalbert von Chamisso marque son retour à la poésie. On y trouve le cycle des neuf poèmes du Frauen-Liebe und Leben (L’Amour et la vie d’une femme) qui sera mis en musique par Robert Schumann, le célèbre poème Das Schloss Boncourt, château de Lorraine où Chamisso était né, un Faust (tragédie en un acte rédigée en 1803), Der Tod Napoléons (tragédie sur la mort de Napoléon d’après Manzoni).

Durant l’année 1813, Chamisso composa son fameux roman L'étrange histoire de Peter Schlemihl ou l’homme qui a vendu son ombre, qui le rend encore aujourd’hui célèbre. Le nom du héros, Schlemilh, est dérivé d’un mot yiddish signifiant «un type qui n'a pas de chance mais qui s'en accommode ». Chamisso avait en effet fréquenté les milieux juifs éclairés de Berlin.

On ne saurait trop souligner le caractère précieux et intime de cet exemplaire liant d’un seul coup trois grands personnages du romantisme européen.

BKS : 6894

Plus d'informations : jean-baptiste@deproyart.com

 

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