BLOY, Léon

La Chevalière de la Mort

[Paris], 54 rue Dombasle, septembre 1877 [1890-1894]

LE PLUS BEAU PANÉGYRIQUE DE MARIE-ANTOINETTE : “CETTE ÂME UNIQUE ET ABANDONNÉE COMME JAMAIS (...) LA COURONNE DE DOULEUR EST UN SIGNE DE ROYAUTÉ”.

PRÉCIEUX ET SUPERBE MANUSCRIT AUTOGRAPHE, COMPLET ET SIGNÉ, DU DEUXIÈME LIVRE DE LÉON BLOY, SA “PREMIÈRE TENTATIVE LITTÉRAIRE” (Préface de 1891).

CE TEXTE FUT ÉCRIT PAR L’ÉCRIVAIN CATHOLIQUE EN SEPTEMBRE 1877 PENDANT SA RETRAITE À L’ABBAYE DE LA TRAPPE.

EXEMPLAIRE DU JOURNALISTE BIBLIOPHILE ET GRAND COLLECTIONNEUR DE BAUDELAIRE, JULES LE PETIT

MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ PAR LÉON BLOY à la dernière page avec son adresse à Paris : “54 rue Dombasle”. Il habite ce domicile entre 1890 et 1894

Petit in-folio (280 x 210mm)
COLLATION : manuscrit autographe de 28 pages sur 28 feuillets SUR PAPIER BLEU avec 10 pp. d’épreuves corrigées par Léon Bloy, encre noire, corrections assez nombreuses dans le manuscrit et les placards qui ont été reportées dans l’édition originale, paginé 1-28 à l’encre orange, monté sur onglets. Aux pp. 4 et 5 du manuscrit par exemple, un paragraphe entièrement raturé a bien disparu de la page 13 de l’édition originale (Gand, 1891), les corrections apportées sur les placards des pp. 7-8 se retrouvent aux pp. 19-20 de l’édition originale. Comme souvent avec Bloy, le manuscrit mêle aux feuillets autographes des épreuves corrigées

CONTENU : le manuscrit est divisé en cinq chapitres : I. Dies irae (manuscrit pp. 1-4 ; édition originale pp. 5-11) ; II. Les Bucoliques de Moloch (manuscrit pp. 4-10, avec 2 pp. de placard d’épreuves corrigées ; édition originale pp. 11-25) ; III. Le Rien des Lys (manuscrit pp. 10-13 ; édition originale pp. 25-33) ; IV. La Lionne au Peuple (manuscrit pp. 14-19 ; édition originale pp. 34-45) ; V. Le Dernier spectre (épreuves corrigées pp. 19-26 ; édition originale pp. 45-59) ; VI. Dies natalis (manuscrit pp. 26-28 ; édition originale pp. 59-62)

RELIURE DE L’ÉPOQUE SIGNÉE DE PETITOT (actif de 1887 à 1927). Bradel rouge avec titre en long sur le dos, papier à motif “œil de perdrix” dans les tons rouges

PIÈCE JOINTE : Léon Bloy, La Chevalière de la mort. Tiré à cent exemplaires. Gand, Typographie A. Siffer, 1891. Plaquette in-8 brochée sous sa couverture rose
PROVENANCE : Jules Le Petit (Paris, 1917, n° 464 : “pet. in-4 de 28 ff., demi-toile rouge. Manuscrit autographe, signé de Léon Bloy, qui a servi pour l’impression du volume publié à Gand, en 1891. Le chapitre V et deux passages (pag. 18-21, 45 à 58 et 62 du volume) de ce manuscrit sont des coupures d’épreuves d’imprimerie”)


Léon Bloy est né en 1844. Sa vie fut difficile et souvent misérable mais à partir des années 1895, le public reconnut à sa plume acérée et satyrique la verve de l’un des grands écrivains français.

Léon Bloy est né en 1844. Sa vie fut difficile et souvent misérable mais à partir des années 1895, le public reconnut à sa plume acérée et satyrique la verve de l’un des grands écrivains français. En 1875, il était devenu le secrétaire bénévole de Barbey d’Aurevilly. En 1877, la mort de son père le plonge dans une crise profonde que vient encore accentuer le drame de son premier amour, Anne-Marie Roulé. Il avait tiré cette prostituée du ruisseau et il en assurera la conversion dans une relation gardée secrète qui l’éloigna de ses amis, dont Barbey. Fin septembre, il part en retraite à La Trappe. Il en revient avec La Chevalière de la Mort, apologie chrétienne de Marie-Antoinette, dont la publication est refusée par des éditeurs timides. Anne-Marie Roulé se convertit en septembre 1878. Bloy vit dans la misère. Anne-Marie Roulé devient folle en 1882 et Bloy est contrait de la faire interner à Sainte-Anne.

En novembre 1886, son premier grand texte publié, Le Désespéré, lui procure une notoriété réelle : articles et publications s’enchaînent. En 1891, il entreprend de publier La Chevalière de la Mort, son deuxième texte après La Méduse-Astruc, petit poème en prose inspiré d’un portrait sculpté de Barbey par le sculpteur Zacharie Astruc. La Chevalière de la Mort est considéré comme le premier grand texte littéraire de l’écrivain. Ce manuscrit est d’ailleurs constitué rue Dombasle à Paris,soit au domicile que l’écrivain occupe de 1890 à 1894.

Si Léon Bloy, comme Barbey, et dès le moment où il écrit La Chevalière de la mort en 1877, se revendique catholique et monarchiste, comme Barbey, Bloy ne veut pas avoir affaire à l’avenir et se proclame “prophète du passé” avec l’auteur des Diaboliques publiées en 1874. Léon Bloy était homme de contradictions : catholique convaincu, il doutait de l’Église, monarchiste, il ne voulait pas de restauration. Ni dreyfusard ni antidreyfusard, philosémite, il se voulait simplement “anticochon”, comme il l’écrivait lui-même.

“Le lundi 14 octobre 1793, une cause est pendante devant la cour révolutionnaire ; cause telle que jamais ces vieux murs n’en virent une semblable.
C’est le jugement de Marie-Antoinette.
L’impatience du sans-culottisme régnant avait besoin d’un nouveau spectacle tragique pareil à celui du 21 janvier et le réclamait de partout avec une puissante et unanime clameur.
Sans doute le 21 janvier avait été une belle chose mais on pensait avec raison que le nouveau drame serait une bien plus belle chose et le généreux sans-culottisme s’en pourléchait à l’avance.
On avait vu guillotiner le fils de soixante rois, roi lui-même autant qu’il pouvait et, ma foi, on avait éprouvé quelque déception. De même que cinquante chiens étant lancés sur un unique marcassin, on ne peut raisonnablement pronostiquer à chacun d’eux qu’une médiocre curée - de même cent mille haines de sans-culottes autour de l’échafaud d’un pauvre roi ne peuvent pas prétendre individuellement à une bien large portion de son agonie.
On avait si longtemps attendu ce spectacle ! L’Orgueil, la Haine, l’Envie, la Colère, les Étas Généraux de toutes les passions basses l’avaient si éperdument appelé pendant de longs siècles - et ce n’était que cela !
Pour Marie-Antoinette, on savait que ce ne serait que cela aussi, mais du moins c’était une femme et le sybaritisme de la vengeance populaire pourrait se vautrer à l’aise dans une bien plus parfaite ignominie.
Sentir qu’on a dans la main le cœur d’une reine, fille de rois, sœur de roi, mère d’un prince royale ; sentir que ce cœur qui battait il y a quelques jours au-dessus de tous les cœurs, est là maintenant dans le creux de votre main de goujat et qu’il palpite contre vos artères de goujat ; savoir qu’on pourra le faire saigner et l’humilier tant qu’on voudra, avec la certitude parfaite que personne, ni aristocrate, ni prince, ni Dieu, ni aucune force du ciel ou de l’enfer ne pourra vous empêcher et ne surgira pour sa défense ; - quelle inexprimable volupté (...)
Allons, reine abandonnée, pense à ton sang, pense à ta gloire, pense à ta beauté (...) Écoute. Nous sommes plusieurs millions de misérables venus du fin fond de l’abîme social”...

BIBLIOGRAPHIE : A.-J. Laquerrière et J. Bollery, Biblio-iconographie de Léon Bloy, Paris, 1935, n° 10, p. 14

BKS : 9612

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