BALZAC, Honoré de

 

2800 €

BALZAC, Honoré de

Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau,

parfumeur, chevalier de la Légion d’honneur, adjoint au maire du 2e arrondissement de la ville de Paris

Paris, chez l’Éditeur, 1838

“QUI LIT CÉSAR BIROTTEAU DEVRA DONC LIRE LA MAISON NUCINGEN” (préface).

BEL EXEMPLAIRE DANS DE JOLIES RELIURES DE L’ÉPOQUE, À GRAND DÉCOR DORÉ

ÉDITION ORIGINALE

2 volumes in-8 (204 x 126mm). Faux-titres et titres, errata. Avec le texte signé Édouard Ourliac relié à la fin (“Malheurs et aventure de César Birotteau avant sa naissance”). BIEN COMPLET DU RARE CATALOGUE DES ŒUVRES DE M. DE BALZAC (8 pp.)
COLLATION : (vol. 1) : 5 ff., 12-354 pp., errata et tables ; 4 ff., 10-337 pp. (verso bl.), 7ff. de tables, errata, article et catalogue
RELIURES DE L’ÉPOQUE. Dos longs de veau bleu ornés et dorés d’un beau motif romantique, plats de papier marbré bleu, tranches marbrées de bleu et de vert

Quelques restaurations aux reliures. Petite déchirure sans atteinte au texte au f. de table du tome I

Parodiant de façon humoristique l'œuvre célèbre de Montesquieu sur la grandeur et la décadence des Romains, ce célèbre roman de Balzac était inspiré par un fait divers : la ruine du parfumeur Billy, dont la boutique avait été saccagée lors de la Révolution de 1830 et qui, après avoir mis quinze ans à rembourser ses créanciers, mourut à l'hôpital. Balzac a modifié cette histoire et a fait de César Birotteau l'incarnation de la petite bourgeoisie marchande qui, grisée par le bouillonnement financier des années trente, ambitionne de s'élever et de se mêler à la haute banque et aux grandes affaires. D'où la naïve pusillanimité et la vanité qui jettent Birotteau dans autant d'affaires appelées à être prospères et se révélant toutes désastreuses.

À la fin du volume, le passionnant article du critique contemporain Édouard Ourliac raconte, sur quatre pages, l’histoire de la publication de César Birotteau. Il décrit avec précision les immenses corrections et ajouts imposés par l’auteur : "Cet article est l'un des plus extravagants qui aient jamais été consacrés à un livre. Dans un mouvement enthousiaste et homérique, il retrace les tribulations de la copie ayant servi à composer le volume. Il donne un aperçu très vivant des procédés de travail de Balzac et de son comportement avec les imprimeurs. La composition du volume n'avait pas nécessité moins de dix-sept jeux d'épreuves successifs" (Pierre Berès, Catalogue Balzac, 1950).

Jamais les dieux irrités, jamais Junon, Neptune, M. de Rambuteau ou le préfet de Police, ne causèrent à Jason, Thésée, ou les passans de la capitale, plus d'obstacles, de monstres, de ruines, de dragons, de démolitions, qu'à ces deux malheureux in-octavo.
Nous les avons enfin, et nous savons ce qu'il en coûte. Le public n'aura que la peine de les lire. Cela compte pour un plaisir. Quant à M. de Balzac, – vingt jours de travail, deux mains de papier, un beau livre de plus : cela compte pour rien. Quoi qu'il en soit c'est un exploit typographique, un tour de force littéraire et industriel digne de mémoire. Écrivain, éditeur et imprimeur ont plus ou moins mérité de la patrie. La postérité s'entretiendra des metteurs en page, et nos arrière-neveux regretteront d'ignorer les noms des apprentis. Je regrette déjà comme eux, sans quoi je le dirais.

BIBLIOGRAPHIE: M. Clouzot, Guide du Bibliophile français, p. 22 -- L. Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne, I, p. 73 -- G. Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, , I, 210

BKS : 10785

 

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