CÉLINE, Louis-Ferdinand

Mort à crédit

Paris, Denoël, 1936.

RARE EXEMPLAIRE D'ÉPREUVES CORRIGÉES PAR L'ÉDITEUR. RETENANT PLUS DE VINGT PASSAGES ENCADRÉS À L'ENCRE ROUGE, AFIN D'ÉVITER LA CENSURE

EXEMPLAIRE DE L'ÉDITEUR 

 

In-8 (224 x 140mm) 

TIRAGE : papier d'épreuves destiné aux exemplaires de relecture avant impression

 

ANNOTATIONS : plus de vingt passages entourés à l'encre rouge, avec l'indication "à supprimer" dans les marges

 

RELIURE SIGNÉE DE JEAN-PAUL MIGUET, DATÉE 1973. Dos long et bandes de maroquin noir, pièces de box rouge et grises mosaïquées formant un décor géométrique sur le dos, tranche supérieure dorée, non rogné. Etui 

Denoël, craignant la censure de Mort à crédit à cause de nombreux passages jugés scabreux, décida, à la dernière minute, de publier le roman en supprimant lesdits passages. L'ouvrage parut donc en librairie avec de nombreux "blancs" dans le texte, les typographes n'ayant pas eu le temps de resserrer les lignes et les paragraphes. Mais pour contenter Céline, cent dix sept exemplaires hors-commerce conservèrent le texte d'origine. Une justification classique de différents papiers fut choisie pour les exemplaires expurgés dans le commerce, et les exemplaires entiers hors commerce. En 1961, Céline, ayant besoin d'argent, remplaça, à la demande de Gaston Gallimard, les passages manquants par des passages "acceptables", pour l'édition de son roman dans la collection de la Pléiade. Ce n'est qu'en 1981 que le texte entier d'origine sera publié dans la même collection. 

 

Cet exemplaire-ci, qui servit à localiser les passages à supprimer en 1936, représente donc un cent dix huitième exemplaire entier et unique de l'édition originale. Il est donc à lui seul un jamon important de l'un des chef d'oeuvre de la langue française au XXe siècle.