CÉLINE, Louis-Ferdinand

Voyage au bout de la nuit

Paris, Denoël et Steele, 1932.

ENVOI À HENRI JEANSON.


RARE EXEMPLAIRE EN RELIURE DE L'ÉPOQUE

ÉDITION ORIGINALE 

 

In-8 (182 x 115mm). Titre de la couverture imprimé en rouge et noir

 

TIRAGE : exemplaire de première émission avec la coquille pasteur/passeur à la page 59

 

ENVOI :   

 

"À M. Henri Jeanson.

Cordial hommage.

Louis Céline"

 

RELIURE DE L'ÉPOQUE SIGNÉE DE ALTERMAT. Bradel en percaline bleue, plats de papier anthracite à reflets argentés, couverture conservée

Papier légèrement jauni

 

Henri Jeanson nait en 1900, à Paris, d'un père instituteur. En 1917, après divers petits métiers, il devient journaliste pour La Bataille, organe de la CGT. Remarqué pour sa plume redoutable, il intervient, dans les années vingt, comme reporter, interviewer ou critique de cinéma. Il se distingue par la virulence de son style et un goût prononcé pour la polémique. Il travaille dans divers journaux dont Le Journal du peuple, Les Hommes du Jour, Le Canard enchaîné, où il défend le pacifisme intégral. En avril 1932, année de parution du Voyage au bout de la nuit, il se fait remarquer par une célèbre apostrophe au préfet de police Jean Chiappe parue dans Les Hommes du Jour d'Henri Fabre. Il démissionne du Canard enchaîné en 1937, par solidarité avec Jean Galtier-Boissière et est condamné en juillet puis, de nouveau, en novembre 1939 à dix-huit mois puis cinq ans de prison pour divers actes d'opposition au fascisme et pour «provocation de militaires à la désobéissance». 

 

En dehors de leurs traits de caractère évidemment ressemblants (provocation, anti-militarisme), Jeanson et Céline ont aussi en commun d'aimer le langage du peuple parisien. Ils en aiment l'argot et la gouaille. Ils en décrivent les milieux interlopes, les bistrots, les milieux ouvriers. Jeanson écrira les scénarios et les dialogues de plusieurs films, notamment ceux de Hôtel du Nord (1938) et Entrée des artistes (1938).  

 

Altermat, le relieur de cet exemplaire, d'origine suisse, fit son apprentissage de relieur à Bâle, Zurich et Berlin. Arrivé à Paris en 1923, il travailla avec de grands relieurs avant de s'établir à son compte en 1927. Il fut récompensé dans plusieurs exposition internationales.