REVERDY, Pierre, et Pablo Picasso

 

12000 €

REVERDY, Pierre, et Pablo Picasso

Le Chant des morts

[Paris], Tériade, 1948

L'UN DES PLUS BEAUX LIVRES DU XXe SIECLE

L'UN DES MEILLEURS LIVRES DE PICASSO

ÉDITION ORIGINALE. 

In-folio (425 x 319mm).

43 poèmes de Reverdy lithographiés sur le mansucrit de l'auteur 

TIRAGE à 270 exemplaires sur papier vélin d'Arches tous signés par Picasso et Reverdy à la justification. Celui-ci numéroté 243 signé au crayon par Pierre Reverdy et Pablo Picasso.

EN FEUILLES. Chemise et étui d'origine

PROVENANCE : collection Fred Feinsilber (ex-libris ; Sotheby's Paris, 12 octobre 2006, n° 324)

La poésie de haut vol de Pierre Reverdy, un des poètes les plus purs et les plus exigeants de sa génération, apparaît dans la large écriture de l’auteur comme une série de signes noirs auxquels les traces rouges, circulaires, verticales ou incurvées de Picasso confèrent une note de calligraphie orientale. Le poète acheva son texte à Solesme le 5 janvier 1945 et ce livre, point de rencontre de deux témoins vivaces de leur temps, est une remarquable réussite artistique. 

Pablo Picasso connaissait Tériade depuis de nombreuses années, plus précisément depuis le début des années 1930, époque où le jeune grec avait été chargé de la section moderne des Cahiers d'Art de Christian Zervos. Tériade, créateur de Verve en 1937, consacra trois numéros à Picasso. Mais ce livre fut leur unique collaboration.   Les couleurs rouges et noires, les lignes et les points composent, à chaque page, une seule image très sobre, parfaitement accordée au sujet du livre. 

 

 "Quelle déception pour les spéculateurs, pour les "casseurs" que ces lithographies de Picasso dont pas une n'est dissociable du texte ! Sur les poèmes déjà tracés, Picasso, respectueux de leur beauté graphique, a inscrit ses balafres rouges. Créateurs au sens le plus fort du terme, le poète, le peintre ne sont plus distincts dans l'exercice d'un même souffle : son accélération, ses pauses appartiennent aussi bien à un langage écrit qu'à un langage dessiné" (François Chapon).

 

Le Chant des morts se veut ainsi, et selon la volonté du peintre, l'équivalent des manuscrits enluminés du Moyen Age - au sens où la peinture se mêle et s'entremêle au texte - plutôt qu'un simple livre illustré dominé par la frontalité du rapport texte-image. En ce sens, Le Chant des morts rejoint Jazz et quelques autres (trop rares ?) grands livres de peintre du XXe siècle : Cortège, Accordez-moi une audience, etc...

RÉFÉRENCES : Cramer, Picasso, 50 -- Castleman, Century, 129 -- François Chapon, Le Peintre et le livre, 236-237