GENLIS, Stéphanie-Félicité comtesse de

Histoire de Henri le Grand

Paris, Maradan, 1815

UN OBJET CULTE POUR LA RESTAURATION : LA BIOGRAPHIE DE HENRI IV, ECRITE PAR MADAME DE GENLIS, AUX ARMES DE LA DUCHESSE DE BERRY

ÉDITION ORIGINALE  

2 volumes in-8 (203 x 120mm)
COLLATION : VII, [I], 436 pp. ; [2] ff., 411 pp.   
RELIURES DE L'EPOQUE SIGNEES DE BRADEL. Maroquin rouge à grain long, décor doré, armes au centre des plats, roulette aux fleurs de lys et double filets en encadrement, dos longs à caissons très ornés, gardes de soie mauve, tranches dorées
PROVENANCE : duchesse de Berry --  "B" (ex-libris)

Stéphanie-Félicité du Crest de Saint-Aubin (1746-1830), comtesse de Genlis par son mariage avec un Brûlart de Sillery, fut la maîtresse de Philippe-Egalité et le "gouverneur" chéri du duc de Chartes, futur Louis-Philippe. Dans les derniers temps du XVIIIe siècle, elle conquit Paris par son talent de harpiste. Elle avait rencontré Rousseau, Voltaire et Bernardin de Saint-Pierre. Elle était l'amie de Talleyrand et de Madame Récamier. On se souvient du portrait de Chateaubriand dans le "livre Récamier" des Mémoires d'outre-tombe :   "Elle demeurait à l'Arsenal au milieu de livres poudreux, dans un appartement obscur. Elle n'attendait personne ; elle était vêtue d'une robe noire ; ses cheveux blancs offusquaient son visage ; elle tenait une harpe entre ses genoux et sa tête était abattue sur sa poitrine. Appendue aux cordes de l'instrument, elle promenait deux mains pâles et amaigries sur l'un et l'autre côté du réseau sonore dont elle tirait des sons affaiblis, semblables aux voix lointaines et indéfinissables de la mort. Que chantait l'antique Sybille ? Elle chantait Madame Récamier." (Mémoire d'outre-tombe, "Fragments retranchés", Paris, Garnier, 1998, t. III p. 606).   Madame de Genlis publia cette biographie de Henri IV durant les Cent-Jours. Peu proche de la Restauration par ses idées, un tel ouvrage pavait la voie au mythe béarnais du nouveau régime. Parce que Henri IV avait su réconcilier la monarchie avec la liberté (religieuse), le premier roi Bourbon devint aussitôt le modèle de la Charte qui, elle aussi, une fois encore, entendait concilier monarchie et liberté. Quelques années plus tard, les parallèles fleurirent encore avec l'assassinat du duc de Berry, Louvel devenant le nouveau Ravaillac.   
L'apposition de ses armes par la duchesse de Berry sur un tel texte fait donc entrer cet exemplaire parmi le culte de Henri IV célébré par la Restauration.

BKS : 4555

 

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