ARAGON, Louis

 

4 500 €

ARAGON, Louis

Les Cloches de Bâle

Paris, Denoël et Steele, 1934

ENVOI DE LOUIS ARAGON À JEAN-MICHEL FRANCK.

DANS LES DÉCORS D’UN ROMAN D’ARAGON

ÉDITION ORIGINALE

In-8 (190 x 120mm)
TIRAGE : un des 100 exemplaires sur alfa, celui-ci HC (après 5 chine et 25 pur fil Lafuma)

ENVOI :

À Jean-Michel Frank,
pour l’empêcher de me faire un palais,
ce pavé de l’ours Aragon,
son ami

BROCHÉ, à toutes marges. Chemise, étui

Jean-Michel Franck est l’un des grands artistes décorateurs du XXe siècle. Il rencontre René Crevel, Louis Aragon et les futurs surréalistes au lendemain de la Grande Guerre. Jacques de Lacretelle s’inspirera de lui pour camper son personnage de Silbermann (1922) :

“Sa voix était basse et entrecoupée ; elle semblait monter des régions secrètes et douloureuses ; j'entrevis chez cet être si différent des autres une détresse intime, persistante, inguérissable, analogue à celle d'un orphelin ou d'un infirme”.

En 1921, Jean-Michel Franck décore l’appartement de Drieu La Rochelle à la proue de l’Ile Saint-Louis. Il le vide, ne laissant que des murs blancs, quelques meubles et un vase cubique en verre déniché chez un électricien. Son style épuré et minimaliste attire l’attention : “On peut aménager très luxueusement une pièce en la démeublant”. En 1924, il décore l’appartement de Nancy Cunard, également sur l’Ile Saint-Louis, lequel abritera les amours tumultueuses de la jeune femme et de Louis Aragon. Le fameux appartement d’Aurélien (1944) sera un mélange de ces appartements décorés par Jean-Michel Franck.

La gloire de Jean-Michel Franck resplendit en 1926 quand il réaménage l’hôtel parisien des Noailles. Le dépouillement, le choix singulier des matériaux et les rares meubles caractérisent son style. Avec l’aide de l’ébéniste Adolphe Chanaux, il réalise des meubles et de luminaires pour lesquelles il convoque des matières originales telles que le gypse, la terre cuite, le mica, le graphite, le galuchat, la paille ou le parchemin. Il crée par exemple une “table basse Aragon, 1928”. Dès lors, Jean-Michel Franck se lie à des artistes et à des millionnaires en quête de décors uniques dont François Mauriac, Nelson Rockefeller, Elsa Schiaparelli, Cole Porter, Francis Poulenc. Pendant dix ans, il associe Alberto Giacometti, Emilio Terry et Christian Bérard à ses travaux. Ces oeuvres sont aujourd’hui parmi les plus prisées du marché de l’art.

Jean-Michel Franck se suicide en 1941. Après la guerre, son nom et son œuvre seront oubliés avant d’être redécouverts dans les années 1970. Yves Saint Laurent qualifiera alors le vaste fumoir des Noailles, tendu de grands carreaux de parchemin, de "huitième merveille du monde".

RÉFÉRENCE : Laurence Bénaïm, Jean-Michel Frank, le chercheur de silence, Paris, 2017

 

BKS : 7290

 

Plus d'informations : jean-baptiste@deproyart.com

 

Exposition publique à la librairie sur rendez vous uniquement