BOILEAU, Nicolas trad. PSEUDO-LONGIN

Traité du sublime ou du merveilleux dans le discours

Paris, Veuve Claude Thiboust et Pierre Esclassan, 1694

L'UN DES GRANDS TEXTES DE L’ESTHÉTIQUE CLASSIQUE : “LE BEAU FRANÇAIS DE BOILEAU” (Marc Fumaroli).

ÉLÉGANT EXEMPLAIRE RELIÉ EN MAROQUIN ROUGE ORNÉ D'UN DÉCOR "À LA DU SEUIL"

Première édition publiée séparément avec le texte grec en regard  

Titre imprimé en rouge et noir. Texte grec et traduction française imprimés en regard. Petite vignette imprimée sur la page de titre. Bandeaux et initiales gravés sur cuivre. Exemplaire réglé de rose
COLLATION : π2 A-T6 V2
ILLUSTRATION : frontispice gravé par F. Erlinger  
 
RELIURE DE L'ÉPOQUE. Maroquin rouge, décor doré à la Du Seuil, dos à nerfs orné, tranches dorées
PROVENANCE : cote brune du XVIIIe siècle au centre du premier contreplat : n° 442

Le traité du Pseudo-Longin fut imprimé pour la première fois à Bâle en 1554 et réédité de nombreuses fois par la suite. Nicolas Boileau (1636-1711) savait le latin et le grec dès la fin de ses études secondaires. Il mena de front sa carrière de traducteur et de poète en composant sa première Satire dès 1657.

L'édition originale de traduction du Pseudo-Longin est publiée en 1674 dans la seconde partie des Œuvres diverses. En octobre 1677, Louis XIV choisit pour historiographes Boileau et Racine, à qui il dédie l'Épître VIII, publiée dans la nouvelle édition des Œuvres diverses donnée en 1683. En 1694, à la fin de la querelle des Anciens et des Modernes, Boileau publie pour la première fois séparément sa traduction du Pseudo-Longin avec le texte grec en regard. L'auteur du Lutrin avait mené avec La Fontaine le combat des Anciens, contre Perrault :

“il fallut attendre le crépuscule de la Renaissance pour le voir publié en original et en caractères grecs, et enfin, en traduction française par Boileau, au décours du règne de Louis XIV, et à l’appui de la cause des Anciens ébranlée par le parti des Modernes. Jusqu’à l’initiative hardie de Boileau, ce texte étrange était resté le privilège d’une élite savante, à l’intérieure de la République européenne des Lettres. Dès 1572, Montaigne adopte la forme de l’essai, qui pourrait bien lui avoir été suggérée par l’exquise liberté et élégance de ces chapitres en vernaculaire, consacrés à la décadence et aux moyens de lui échapper. Après 1674, le chef d’oeuvre mystérieux sera entendu et lu dans le beau français de Boileau, sa traduction franche, par toutes les générations successives de l’Europe pré-moderne” (Marc Fumaroli)

La notion de sublime est l'une des clés de l'esthétique au temps du classicisme. La réconciliation n'était intervenue qu'en 1694 grâce à l'intermédiation de Jean Racine et d'Antoine Arnauld.

RÉFÉRENCES : A. Tchemerzine, Bibliographie d'éditions originales et rares d'auteurs français, I, p. 754, a) -- Marc Fumaroli, “Le recours au Sublime ou le secret de la République des Lettres”, paru dans la revue Commentaire, Printemps 2017, Volume 40, n° 157, p. 17 et suiv.

 

BKS : 5211

 

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