ARNAULD, Antoine.

 

12 000 €

ARNAULD, Antoine.

La Tradition de l'Église sur le sujet de la Pénitence et de la Communion

représentée dans les plus excellents ouvrages des SS. Pères Grecs et Latins

Paris, Antoine Vitré, 1645

ÉDITION ORIGINALE. Mention fictive de troisème édition  

In-4 (256 x 171mm). Bandeaux, initiales et culs-de-lampes gravés
COLLATION : a-f4 *4 a-z4 2a-l4 A-Z4 2A-Z4 3A-E4 : 364 ff.
TIRAGE : exemplaire de présent, avec le titre imprimé en trois couleurs

RELIURE DE L'ÉPOQUE. Maroquin rouge, armes dorées au centre des plats, encadrement de filets dorés à la Du Seuil, dos à nerfs orné, tranches dorées
PROVENANCE : Jean-Jacques Charron, marquis de Ménars (armes au centre des plats) -- trois cachets dont l'un du "Collège Saint-François Xavier, à Besançon" -- ancienne collection Parcé (Drouot, 13 décembre 2011, n° 92)

Antoine Arnauld, né à Paris en 1612, fut docteur en Sorbonne et l’un des grands esprits du XVIIe siècle. Il correspondit avec Descartes. Ardent janséniste de la première heure, son livre, De la fréquente Communion (1643), rendit les buts et les idéaux de ce mouvement intelligibles au grand public. Cette publication lui attira tant d’ennemis qu’il fut forcé de se cacher et, pendant plus de vingt ans, n’osa plus se montrer en public à Paris.

La Tradition de l'Eglise, écrit en 1644 et publié en 1645, répond aux détracteurs de De la fréquente Communion. En 1655, deux Lettres à un duc et pair sur les pratiques de la confession par les Jésuites lui valurent d’être expulsé l'année suivante de la Sorbonne. Ce fut l'origine des Provinciales. Mais Blaise Pascal ne put sauver son ami. En février 1656, Arnauld fut solennellement dégradé. Douze ans plus tard, la "Paix clémentine" (du pape Clément IX) mit fin à ses ennuis ; il fut aimablement reçu par Louis XIV et traité presque en héros par le peuple. Dix ans plus tard, cependant, la persécution reprit. Arnauld quitta la France pour les Pays-Bas, puis la Belgique où il rejoignit Jurieu. Il passa les seize dernières années de sa vie en controverses avec les jésuites, les calvinistes et les hérétiques de toutes sortes.  

Le grand bibliophile Jean-Jacques Charron, marquis de Ménars (1643-1718), était le beau-frère de Colbert. Il avait acquis en 1679 la collection des de Thou qu'il vendit en 1706 au cardinal de Rohan, avec grand profit. Cette célèbre collection passa ainsi dans celle des Princes de Soubise. Le reste de sa bibliothèque fut vendue à La Haye après sa mort.

Saint-Simon le décrit comme ayant "une très belle figure d'homme, et fort bon homme aussi, peu capable, mais plein d'honneur, de probité, d'équité et de modestie, prodige dans un président à mortier".

Ménars était un sympathisant des Jansénistes. Il accueillit et protéga pendant trente cinq ans le célèbre abbé Jacques du Guet (1649-1733) dont il fit son bibliothécaire. Rien d'étonnant à ce qu'il fit relier en fin maroquin, et apposa ses armes, sur ce texte contestataire d'Antoine Arnauld.

RÉFÉRENCES : J.-C. Brunet, Manuel du libraire, I, p. 490 -- Olivier-Hermal-de Roton, 185 -- Dictionnaire de Port-Royal, pp. 80, 362, 733

 

BKS : 4709

 

Plus d'informations : jean-baptiste@deproyart.com

 

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