GERSAINT, Edme, François

 

12 000 €

GERSAINT, Edme, François

Catalogues raisonné de coquilles et autres curiosités naturelles.

On a joint à la tête du Catalogue quelques Observations générales sur les coquilles, avec une liste des principaux Cabinets qui s’en trouvent tant dans la France que dans la Hollande ; & une Autre liste des auteurs les plus rares qui ont traité de cette matière & une Table alphabétique des Noms arbitraires, tant François que francisés, attribués aux Coquilles par les Curieux

Paris, Flahault et Prault, 1736

DEUX CATALOGUES DE VENTES À PRIX MARQUÉS ORGANISÉES PAR EDME-FRANÇOIS GERSAINT À L’ISSUE DE SES CAMPAGNES ANNUELLES DE RECHERCHE DE COQUILLAGES, EN HOLLANDE ET DANS L’EUROPE ENTIÈRE (1736 ET 1737).


SUPERBE ET RARE EXEMPLAIRE  EN MAROQUIN AUX ARMES DU DAUPHIN, FILS DE LOUIS XV

ÉDITIONS ORIGINALES

2 ouvrages en un volume in-12 (157 x 93mm)
Observations sur les coquillages (pp. 1-29) ; Liste des principaux Cabinets de curiosités naturelles (pp. 30-45) ; Liste des principaux ouvrages qui ont été faits sur les coquillages (pp. 46-61)
ÌLLUSTRATION : frontispice d’après Boucher gravé par Duflos
ANNOTATIONS MARGINALES : avec les prix portés à l’encre pour les deux catalogues

[avec] :
Catalogue d’une Collection considérable de curiosités de différens genres dont la Vente doit commencer le Lundi 2 décembre 1737... chez M. Gersaint [avec :] une grande quantité de coquillages rares ; des Madrépores & autres plantes marines ; des Animaux dans des phioles..., Paris, Prault, 1737
ILLUSTRATION : frontispice d’après Boucher gravé par Duflos et une planche gravée (Agates Arborisées ou Dendrites) d’après Herisset

RELIURE DE L’ÉPOQUE. Maroquin rouge, décor doré, armes au centre des plats, triple filet en encadrement, tranches dorées
PROVENANCE : Louis de France (1729-1765), Dauphin, fils de Louis XV et de Marie Leczinska [cf. Olivier, fer 2522, n° 6] -- comte Louis de la Forest d’Armaillé (timbre sec sur la page de titre) -- marquis de Luppé

Edme-François Gersaint fut l’un des plus célèbres amateurs et marchands d’art du XVIIIe siècle. Watteau peignit la fameuse Enseigne de sa boutique, située sur le Pont Notre-Dame, à Paris, à l’automne de 1720. L’enseigne peinte resta quelques jours suspendue et fit l’admiration du public. Elle constitue aujourd’hui l’un des fleurons des collections de Frédéric II de Prusse, conservé au château de Charlottenburg à Berlin.


Le marché de l’art des années 1715-1750 connut le développement hors du commun d’un commerce depuis lors disparu, celui des naturalia (soit coquilles, madrépores, fossiles, pierres et vestiges géologiques, etc.). Ce commerce prolongeait la tradition des grands cabinets de curiosité du XVIIe siècle. Le goût pour ce type de collection faisait rage parmi les amateurs du temps, appelés, à juste raison, dans chacun des titres de ces deux catalogues, des curieux.
Gersaint s’en était fait une spécialité et avait pris l’habitude de parcourir l’Europe, en particulier la Hollande, pour dénicher les plus fameux “coquillages” provenant des pays les plus éloignés. Chaque année, il publiait le catalogue à prix marqué de ses découvertes. Il en profitait pour faire oeuvre de pédagogie. En divulgant la précieuse Liste des principaux Cabinets, il donne, au fond, les noms de ses grands clients parisiens (Pajot d’Osembray, Julienne, Séguin, le duc de Sully, Dezallier d’Argenville, etc.).

 

Il suscite ainsi l’émulation des nouveaux clients. Il offre aussi un beau panorama sur le réseau européen de cette passion pour les coquilles puisque figurent les noms des collections les plus singulières de Hollande, d’Italie ou d’Angleterre. Enfin, Gersaint fait encore oeuvre pédagogique en livrant aux amateurs une liste remarquable et choisie d’ouvrages consacrés aux coquillages. Cette liste constitue ainsi l’une des toutes premières bibliographies de la conchyliologie ; le nouvel amateur trouvait là de quoi constituer sa bibliothèque de référence.
Edme-François Gersaint était particulièrement bien introduit à la Cour. Il fournissait la Maison du Dauphin, fils de Louis XV, d’où sans doute cette reliure aux armes de l’héritier du trône de France. On sait qu’il conçut pour le fameux mariage de 1745 le mobilier en porcelaine “par lui fourni dans différentes chambres de l'Hôtel de Ville lors du bal donné par la ville au mois de février dernier [1745] à l'occasion du mariage de M. le Dauphin”.

 BKS : 5906

 

Plus d'informations : jean-baptiste@deproyart.com

 

Exposition publique à la librairie sur rendez vous uniquement