BOSSUET, Jacques Bénigne

 

2 200 €

BOSSUET, Jacques Bénigne

Oraison funèbre de Henriette Anne d'Angleterre, duchesse d'Orléans

Prononcée à Saint Denis le 21. jour d’Aoust 1670. Par Messire Jacques Benigne Bossuet, Conseiller du Roi en ses Conseils, Evêque de Condom, Précepteur de Monseigneur le Dauphin

Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1670

L’UNE DES PLUS BELLES ET DES PLUS DRAMATIQUES ORAISONS DE BOSSUET : “MADAME SE MEURT, MADAME EST MORTE”.

BEL EXEMPLAIRE, TRÈS GRAND DE MARGES, POUR UNE FOIS, DANS UNE RELIURE XIXe

ÉDITION ORIGINALE, PREMIER ÉTAT

In-4 (252 x 185mm). Vignette gravée aux deux cigognes (marque de Mabre-Cramoisy) sur la page de titre, bandeaux gravés aux armes de Henriette représentant un tombeau entouré de femmes qui pleurent, initiale et cul-de-lampe gravés, la gravure de ce dernier signée par K. Audran
PREMIER ÉTAT : les notes de l’édition de la Pléiade (p. 1226) signalent deux corrections qui seront intégrées à la nouvelle édition de 1671. Elles sont ici dans leur premier état non corrigé (p. 12 : on ne trouve pas “si son rang la distinguoit” mais “si son rang l’élevoit si haut” pour le premier état non corrigé ; p. 13 : la variation de syntaxe du premier état (“ne craint point de les envisager de près”) n’a pas été corrigée en : “ne craint point d’envisager de près ses défauts”)
COLLATION : A-G4, avec le dernier feuillet blanc
RELIURE DE THIBARON. Maroquin chocolat, très janséniste, dos à nerfs, tranches dorées

La mort de Henriette fut douteuse. Le chevalier de Lorraine, amant de Philippe d’Orléans, a longtemps été soupçonné de l’avoir organisée. Henriette d'Angleterre avait vingt-six ans, lorsque, après avoir bu un verre d'eau de chicorée, elle ressentit de violentes douleurs abdominales. Elle mourut en quelques heures. L'hypothèse d'un empoisonnement fut pour finir écartée. Mais la brutalité de cette mort frappa vivement la cour. Sa mère était morte quelques mois plus tôt, le 16 novembre 1669. Bossuet avait fait l’oraison de la mère, il fit celle de la fille. S’emparant des vanités dénoncées par l’Ecclésiaste, Bossuet prononça, à Saint Denis, parmi ses plus belles et ses plus célèbres paroles :

nous devrions être assez convaincus de notre néant : mais s'il faut des coups de surprise à nos cœurs enchantés de l'amour du monde, celui-ci est assez grand et assez terrible. Ô nuit désastreuse ! Ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt ! Madame est morte !

RÉFÉRENCES : A. Tchemerzine, Bibliographie des éditions originales et rares d'auteurs français, I, p. 838 -- V. de Diesbach-Soultrait, Bibliothèque Jean A. Bonna. Six siècles de littérature française. XVIIe siècle, n° 30, pp. 52-54 -- V. Verlaque, Bibliographie raisonnée des oeuvres de Bossuet, Paris, 1908, p. 3 -- J. Le Petit, Bibliographie des éditions originales d'écrivains français du XVe au XVIIIe siècle : “Une des oraisons les plus recherchées de Bossuet”


BKS : 11499

 

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