BEAUMARCHAIS, Pierre-Augustin Caron de

La Folle Journée ou le Mariage de Figaro, comédie en cinq actes et en prose...

représentée pour la première fois, par les Comédiens français ordinaires du Roi, le mardi 27 avril 1784

Paris, De l’imprimerie de la société littéraire typographique et se trouve à Paris chez Ruault, 1785

UNE PIÈCE DE THÉÂTRE GÉNIALE QUI CHANGEA LE COURS DE L’HISTOIRE : FIGARO.

BEL EXEMPLAIRE RELIÉ PAR ALLÔ

Édition de luxe imprimée sur les presses de l’auteur, à Kehl

Grand in-8 (250 x 155mm)
COLLATION : a-c8 d2 A-M8 N4, avec l’errata sur le feuillet N4
ILLUSTRATION : 5 eaux-fortes dessinées par Saint-Quentin et gravées par Liénard, Halbou et Lingé
PIÈCE JOINTE reliée à la suite : F. de Marescot, Notice bibliographique sur le Mariage de Figaro. Paris, Jouaust, 1871. Titre imprimé en rouge et noir. 19 pp. TIRAGE unique à 25 exemplaires, celui-ci numéroté 23
RELIURE SIGNÉE D’ALLÔ. Maroquin rouge, décor doré de trois filets dorés autour des plats, dos à nerfs très orné et doré, tranches dorées
PROVENANCE : Charles Jolly-Bavoillot (ex-libris)
RARETÉ : on remarquera avec profit que Cohen-de Ricci ne cite, pour l’édition originale, qu’un seul exemplaire en reliure d’époque aux armes, celui de Marie-Antoinette. Pour l’édition de Kehl, Cohen ne cite aucun exemplaire en reliure d’Ancien Régime aux armes. Hormis un exemplaire relié par Bozerian, tous ceux cités sont en reliure du XIXe siècle


À la suite de la lecture d’un manuscrit du Mariage de Figaro devant son proche entourage, Louis XVI aurait déclaré : “cela est détestable et ne sera jamais joué”. Mais Paris et la Cour aimaient l’esprit. D’autres lectures convainquirent l’opinion et le Roi laissa faire. On se répétait les mots d’esprit si fameux de la pièce : “il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits”. La pièce fut d’abord jouée à titre privé au château de Gennevilliers devant le comte d’Artois, le 18 septembre 1784, avec permission du Roi, devant trois cents personnes. On la rejoua ensuite selon certaines sources à Belœil chez le Prince de Ligne et au château de Dynassowski chez le Prince de Nassau-Siegen, près de Varsovie. Beaumarchais, soumettant sa pièce à de nombreux censeurs, la lut même chez le redoutable baron de Breteuil, ministe de la maison du Roi, qui l’approuva. Le Roi donna son bon pour jouer.

La première du Mariage de Figaro eut lieu à la Comédie Française le 27 avril 1784 dans les circonstances que l’on connaît. Il y eut soixante-treize représentations consécutives. Les registres officiels de la Comédie Française mentionnent soixante-sept représentations en 1784, treize chacune des deux années suivantes, quatre-vingt cinq de 1787 à 1790.

La comédie fut pour la première fois imprimée dans les premiers mois de 1785. Dans sa préface Beaumarchais malmène l’influent académicien Jean-Baptiste Suard. Il faut dire que Suard, censeur royal soutenu par le comte de Provence et par le Garde des Sceaux Miromesnil, s’était déchaîné contre la pièce. Beaumarchais avait été brièvement emprisonné. Le baron de Breteuil, en janvier 1785, s’était opposé à la diffusion de la première édition imprimée chez Ph. D. Pierre pour le compte de Ruault, en raison même de cette préface. Beaumarchais répliqua immédiatement en préparant cette édition luxueuse et illustrée sur ses propres presses de Kehl située en dehors de France. “Le 7 avril 1785 l’interdit fut enfin levé et la permission accordée de rendre publique la préface et la pièce. Le tirage de Paris imprimé le premier, fut aussi le premier mis en vente.” L’édition de Kehl, luxueuse et illustrée, possédant l’aveu de l’auteur puisqu’imprimée sur ses propres presses, ce qui est bien rare pour un grand texte de littérature, si elle circula en même temps que l’édition parisienne, n’en a pas pour autant l’antériorité. L’originale parue chez Ruault n’était pas illustrée mais “on y ajouta aussitôt les cinq planches de Saint-Quentin gravées pour les quatre premières par Malapeau” (Tchemerzine).  

“Représenté après trois ans de rédaction et trois autres consacrés à des combats contre la censure (1778-1784), le Mariage de Figaro fut un des triomphes du siècle. Avec son chef-d'œuvre, Beaumarchais a inventé une dramaturgie nouvelle que d'aucuns jugeront pré-brechtienne, où l'affrontement violent du maître et du valet se pose en termes de loi, de territoire, de droit à la parole ; mais où également à l'excès de langage des formules-slogans toujours célèbres, répond la sous conversation de la relation amoureuse. L'édition du texte, accompagné d'une Préface rédigée après coup, donna lieu à une seconde bataille. La pièce, après d'innombrables contrefaçons et piratages, fut imprimée presque simultanément à Paris, et à Kehl chez l'auteur. La mise en vente fut autorisée début avril 1785 (En français dans le texte)

RÉFÉRENCES : cf. En français dans le texte n° 178 -- cf. PMM 230 -- A. Tchemerzine, Bibliographie des éditions originales et rares d'auteurs, I, pp. 493-494 -- Cordier, Bibliographie de Beaumarchais, p. 128 -- Cohen-de Ricci, Guide de l’amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle français, col. 125-126

 

 

BKS : 11467

 

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