CENDRARS, Blaise

 

6 000 €

CENDRARS, Blaise

La Main coupée

Paris, Société des éditions Denoël,  1946

L’UN DES PLUS BEAUX TEXTES SUR LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE.

CENDRARS, SOUS-OFFICIER DE LA LÉGION ÉTRANGÈRE, PERÇA LE FRONT ALLEMAND À VIMY AU PRINTEMPS 1915. LE COLONEL PÉTAIN, QUI COMMANDAIT LA RÉSERVE, NE SUT PAS EN PROFITER !

LE POÈTE PERDIT SON BRAS DROIT EN CHAMPAGNE, EN SEPTEMBRE 1915.

EXEMPLAIRE DE TÊTE, TRÈS BIEN RELIÉ PAR ALIX

ÉDITION ORIGINALE

In-8 (184 x 115 mm)
TIRAGE : un des 40 EXEMPLAIRES DE TÊTE sur pur fil Lafuma, celui-ci numéroté 37

RELIURE SIGNÉE D’ALIX. Maroquin bleu nuit, dos long mosaïqué d’un encadrement de veau bleu bordé d’un double filet doré, doublure et gardes de veau bleu, couverture et dos conservés avec la mention “exemplaire sur pur fil”, tranches dorées sur témoins. Étui

“Nous, une poignée d’hommes, nous avions bien percé, nous. Le 9 mai 1915, à 12 h 1/4, mon escouade et moi, nous étions sur la crête de Vimy avec quelques braves types, 200-300 hommes en tout, égarés comme nous qui avions poussé de l’avant en sautant quatre lignes de tranchées allemandes sans tirer un coup de fusil, et le front était crevé !
Mais les états-majors qui avaient monté cette offensive et qui nous avaient fait coudre des carrés de drap blanc dans le dos pour que l’artillerie puisse suivre notre progression à la lunette […], les états-majors, eux, ne croyaient pas à la fameuse percée et quand nous eûmes atteint la crête de Vimy […] avec nos carrés blancs dans le dos nous fûmes une jolie cible pour nos 75 et, dès que nous bougions, pour les 77 et les gros noirs autrichiens qui nous amochaient, sans parler des Allemands que nous avions dépassés et qui nous visaient dans le dos avec d’autant plus d’aisance.
À 3 heures de l’après-midi, le renfort ennemi arrivait en autobus de Lille et nous les tirions descendant de voiture, à 300 mètres. Le renfort français n’arriva que le lendemain soir, à 7 heures. Des pauvres vieux. De la territoriale. Ils avaient fait 75 kilomètres à pied. Enfin nous étions relevés, 72 hommes en tout. Mon escouade n’avait pas trop trinqué.
Et le 11 juin, il avait fallu remettre ça, à Souchez et à Carency. À peu près dans les mêmes conditions de manque de jugeote et de manque de foi de la part des états-majors, d’incurie, de misère, de massacre, de tuerie pour nous, sauf qu’on ne parlait plus de percée, les Boches étant alertés. Il paraît que c’est Pétain qui avait monté ça. Pétain ou pas Pétain, c’est tout un.” (La main coupée, pp.11-12)

BKS : 10188

 

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