GAUTIER, Théophile

Portraits et souvenirs littéraires. Gérard de Nerval

- Madame Émile de Girardin - Henri Heine - Charles Baudelaire - Achim d’Arnim

Paris, Michel Lévy frères, 1875

REMARQUABLES PORTRAITS DE GÉRARD DE NERVAL, BAUDELAIRE ET D’AUTRES PAR L’UN DE LEURS PLUS PROCHES AMIS

Première édition

In-8 (182 x 110mm)
COLLATION : 2 ff. (faux-titre et titre), 319 pp., 1 p. (table)
RELIURE SIGNÉE DE CHARLES SEPTIER. Dos à nerfs et coins de maroquin vert, plats de papier marbré, tranche supérieure dorée, couverture conservée

Dos légèrement insolé, quelques rousseurs, infime restauration angulaire sans atteinte au texte p. 37

Théophile Gautier consacre le premier de ses “portraits” à son ami d’enfance Gérard de Nerval. Il constitue un témoignage direct de première importance sur la jeunesse de Nerval : “nous fixons, nous qui allons bientôt partir à notre tour, ces traits d’un ami disparu”. Le récit de Gautier commence par la mort de Nerval rue de la Vieille Lanterne et la reconnaissance, qu’il dut faire du corps à la morgue. Des formules surgissent au milieu des détails : “on eût dit qu’il voltigeait au-dessus de la réalité, soutenu par son rêve” (p. 7). Gautier revient ensuite aux heureuses années du lycée Charlemagne, à la bataille d’Hernani, et aux années où ils habitaient ensemble :

“Nous faisions notre cuisine nous-mêmes. Arsène Houssaye excellait dans la panade ; nous, dans la confection du macaroni. Gérard allait, avec l'aplomb le plus majestueux, chercher de la galantine, des saucisses ou des côtelettes de porc frais aux cornichons chez le charcutier voisin, car on s'imagine bien que notre livrée n'était pas nombreuse. Nous vivions ainsi de la façon la plus amicale, et ce sont les plus belles années de notre vie”.  (pp. 26-27)

Théophile Gautier accorde même à Gérard de Nerval l’invention de la bougie frontale, ancêtre de la lampe pour les lecteurs noctambules :

“Gérard, qui dormait très peu, lisait fort avant dans la nuit, et il avait trouvé un singulier, mode d'éclairage : il posait en équilibre sur sa tête un de ces larges chandeliers de cuivre qu'on appelle martinet, et la lueur se projetait sur les pages ouvertes ; mais quelquefois le sommeil le gagnait et le chandelier tombait , au risque de mettre le feu au lit” (ibid).

Le portrait de Baudelaire constitue la seconde moitié du volume : “la première fois que nous rencontrâmes Baudelaire, ce fut vers le milieu de 1849, à l’hôtel Pimodan” (p. 131 et suiv.)

RÉFÉRENCES : M. Clouzot, Guide du Bibliophile français, p. 130 -- G. Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, col. 940-941

BKS : 10827

 

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