Graduel. [Partie Hiver].

Allemagne, vallée du Rhin, c. 1450

LES GRADUEL DES VENTES OETTINGEN-WALLERSTEIN : UN LIVRE DE CHŒUR MANUSCRIT ET ENLUMINÉ SUR PEAU DE VÉLIN, AU FORMAT MONUMENTAL, ET DIGNE DES PLUS GRANDES CATHÉDRALES.

UN LIVRE D’UN AUTRE ÂGE OU, AU CONTRAIRE, HYPER CONTEMPORAIN

Grand in-folio (584 x 414 mm)

ÉCRITURE : Littera Textualis Formata
COLLATION : 350 feuillets (sur 364 + dernier cahier)
Foliotation datant de l'époque médiévale en chiffre romains au centre de la marge extérieure sur les rectos (jusqu'à 290, une erreur entre 254-255, saut de foliotation pour les fol. 250-263-265-266) ; premiers feuillets foliotées par cahier en chiffres arabes, dans le coin droit inférieur recto ; réclames dans la marge inférieure au verso. Piquage médiéval dans les marges intérieures ou dans quelques marges extérieures, réglé à l’encre noire, 7 portées de 4 lignes à la page, chacune avec les lignes mi et la (parfois si) à l’encre rouge et jaune, 4 lignes par portées, musique en notation carrée

RELIURE MONUMENTALE DU XVe SIÈCLE. Cuir de chamois sur ais, cabochon au centre des plats et pièce d’angles en métal très orné et ciselé aposés sur des pièces de velours rouge, dos à sept nerfs, deux lanières en fermoirs avec raccords métalliques assortis, toutes intactes (lanière du plat supérieur habilement réparée)

DÉCORATION :
1. UNE GRANDE ET SUPERBE LETTRINE “A” ENLUMINÉE, sur le premier feuillet, peinte en bleu ombré sur un champ doré, rempli d'un décor de vignes vertes finement peintes avec des fleurs en bleu, violet, rose, et orange vif sur un fond doré et entouré de quatre encadrements avec des anges et sept médaillons contenant des scènes historiées avec la Vierge et l'Enfant, des anges musiciens, la Crucifixion, le Christ des Douleurs
2. 95 grandes lettrines filigranées, peintes en couleurs avec encadrement décoré aux traits de plume, dont 45 LETTRINES ENLUMINÉES, traits de plume ou peinte à décor de feuillage
3. De nombreuses lettrines en alternance de rouge ou de bleu, enluminées avec c. 450 lettrines calligraphiques entourées de portraits, figures et animaux ludiques (licornes, cerfs, chiens, lièvres, des saints, la Vierge et l'Enfant, l'Enfant Jésus, etc.)
Quelques instructions pour l'enlumineur, écrites à la mine de plomb

PROVENANCE : ce manuscrit a été réalisé au milieu du XVe siècle, vraisemblablement dans la région du Rhin Supérieur ou Moyen pour une église inconnue -- apparu sous le no 1 (ill. pl. XII) lors de la vente aux enchères de la collection des Princes d’Oettingen-Wallerstein (Karl & Faber, Munich, 6-7 novembre 1933) – collection privée

Quelques peu communes et petites restaurations médiévales pratiquées sur la peau de vélin, quelques marques de corrosion de l’encre. En tout, 14 feuillets et le dernier cahier manquants. Quelques feuillets avec la marge inférieure restaurée anciennement (cf. fol. 174-181, 227-231, 298). Deux feuillets portant de grandes traces de vernis. Quelques marques d’usure dans les marges inférieures, mais sinon en remarquable condition

CONTENU DU GRADUEL
 
Un missel propose les textes de la messe célébrée chaque jour selon l'ordre de l'année liturgique. Les chants, avec leur notation musicale chantée par le prêtre ou par le chœur, sont présentés dans des livres de chœur souvent de très grand format, comme celui-ci. Tous les chants, que ce soit ceux des messes (on parle alors d’un Graduel) ou ceux de l'office divin (il s’agit alors d’un Antiphonaire), sont chantés “antiphonairement”.  Il arrive par conséquent que ces deux types de manuscrits puissent être présentés sous le même titre générique d’Antiphonaire. Ces livres monumentaux, car destinés à être rendus visibles de loin à la foule des fidèles, pour une lecture et un chant publics, sont si grands que les textes doivent être divisés en deux volumes, une partie Hiver et une partie Été, disposés dans l’ordre de l’année liturgique.

Le présent manuscrit est dit Graduel. C’est un livre de chœur qui comprend, en plus des graduels, d’autres chants liturgiques destinés à la messe, tels les introïts, traités, séquences, offertoires, communions, ainsi que les textes fixes de l'ordinaire de la messe ou Kyriale. Le nom Graduel vient du plus ancien chant-psaume qui était chanté entre l'Épître et l'Évangile. Ce chant Graduel appartient à la messe et change selon la fête ou la saison de l'année liturgique. Les trois autres chants propres de la messe, l'Introït, l'Offertoire et la Communion, furent introduits plus tard, et sont généralement des versets tirés des psaumes ou d’autres textes de l'Écriture. Les textes fixes, tel le Kyrie, le Gloria, le Credo, l'Agnus Dei, etc., sont connus comme l'ordinaire de la messe. Tous les Graduels ne sont pas les mêmes. Les différents ordres monastiques, ayant chacun eu leur propre rite de messe, ont chacun eu leur propre Graduel.
 
Un Graduel s'ouvre par le Temporal, composé de chants pour les messes de l'Avent, ou de Noël, de l'Épiphanie, de Pâques, de l'Ascension, de Pentecôte, de la Trinité ou pour la Dédicace d'une Eglise. Le présent ouvrage est la partie Hiver, commençant à l'Avent et se terminant après Pâques. La période du Carême est ici marquée par une absence de décoration du manuscrit. La quasi totalité des textes énumérés ci-dessus commencent avec une lettrine décorée. Le livre en entier est écrit par un scribe professionnel, dans une belle et précise écriture dite Littera Textualis, qui peut certainement être appelée Formata. Tout aussi “formelle” est la notation musicale carrée, écrite en ce qu’on appelle la Hufnagelschrift, sur une portée de quatre lignes quadrillée à l’encre noire. La hauteur des lignes peut varier de portée en portée, comme indiqué par un symbole de clés du type mi ou la, sur le côté gauche.

ENLUMINURE ET STYLE
 
De fines lettrines peintes marquent le début des textes pour les célébrations importantes du calendrier liturgique (fêtes du Christ, de la Vierge et des apôtres) et plusieurs lettrines à traits de plume marquent le commencement du reste des lectures. Beaucoup sont enluminées ou exécutées en rouge et bleu, emplies ou entourées par des lignes vrillées peintes ou dessinées à la plume.

Les plus charmantes sont les 450 LETTRINES HISTORIÉES (car habitées par des figures humaines ou animales). Elles apparaissent jusqu'au fol. 319v. Tout au long du livre, les motifs ornementaux et les torsades complexes montrent un grand niveau de raffinement. Toute la décoration est exécutée par des artistes professionnels. Même si trois niveaux principaux de décoration peuvent être identifiés (lettrines peintes, lettrines à traits de plume et lettrines enluminées), même si plus d'une main a dû être impliquée, de petits détails caractéristiques reviennent avec régularité à tous les niveaux de la décoration du manuscrit. Ainsi la récurrence des petites licornes, cerfs et dragons montrent que toute cette décoration a été exécutée en un seul et unique atelier.

La décoration du premier feuillet est la plus belle. Elle se distingue par une grande lettrine “A” (c. 180 x 250 mm), peinte en bleu ombré sur un champ enluminé à l’or fin, rempli d'une décoration finement peinte de vignes vertes avec des fleurs en bleu, violet, jaune et orange vif sur or, entourées de quatre encadrements avec des anges et sept médaillons présentant des scènes historiées avec la Vierge et l'Enfant, des anges musiciens, la Crucifixion et le Christ de Douleurs. Les pages de l'Ordinaire de la Messe (fols. 291r-318v) sont aussi ornées avec minutie de peinture à l'or et de traits de plume ; plus de 30 lettrines sont soulignée par l’usage de l’or. La décoration des pages contenant les chants pour la Veillée et la fête de St André (fols. 284- 286v) – quand le début de la saison d'hiver est célébré – est tout aussi remarquable.

Il y a beaucoup de lettrines peintes en rouge et bleu. Elles sont décorées avec des motifs complexes aux traits de plumes en rouge, bleu et vert dont le plus grand et le plus important est aussi rehaussé d'or. On compte en tout quelque 95 GRANDES LETTRINES au début des chants pour les fêtes les plus importantes, soit peintes en couleurs avec encadrement décoratif soit emplies par des traits de plume se prolongeant dans les marges. Quelque 45 DE CES GRANDES LETTRINES sont mises en évidence PAR L’USAGE DE L’OR, appliqué avec une grande finesse. Quelques lettrines sont remplies de motifs géométriques, tandis que d'autres sont fleuries par des motifs de fleurs ou de feuillage, et quelques-unes fourmillent de dragons entrelacés par leurs longs cous (cf. fol. 203v). Les traits de plumes multicolores dans des styles différents ont pu être ajoutés par plusieurs mains mais tous montrent la même qualité professionnelle.
 
La décoration par traits de plumes suit le style des livres réalisés dans les cercles de la Devotio Moderna. Ce mouvement spirituel de la fin du XIVe siècle se répandit rapidement de Deventer dans les Pays-Bas de l'Est, vers la Westphalie et au-delà. Cela nous orienterait vers un atelier de la région du Rhin moyen, au sud de Cologne, en amont de Mayence - voire aussi loin que Strasbourg et Fribourg - où beaucoup des premiers livres imprimés étaient aussi décorés de fins traits de plumes. Toutefois, les travaux de recherche effectués sur ce manuscrit n'ont toujours pas confirmé de provenance certaine.

Les disciples de la Devotio moderna, appelés les Frères et Sœurs de la Vie Commune ainsi qu'une branche ultérieure, les Chanoines Augustins réguliers, fondèrent des communautés. Les Frères étaient aussi connus pour produire de nombreux livres. D'abord pour leur propre utilisation mais aussi pro pretio. Leurs lecteurs se réunissaient régulièrement (par exemple au sein de la Congrégation de Windesheim) pour s'entraider. Étant tous en contact étroit puisqu’ils formèrent un véritable courant spirituel, leur travail subissait de multiples influences et finit par apparaître comme un travail commun. Les manuscrits de ces cercles ne peuvent donc pas être toujours proprement distingués (cf. Beier, 2009, p. 138). Des chanoines du monastère de Böddeken près de Paderborn, par exemple, participèrent en 1456 à la fondation d'Eberhardsklausen à Trêve, transférant les manuscrits de Böddeken à Trêve.
 
Les versets des chants sont en outre décorés de quelque 450 LETTRINES CALLIGRAPHIQUES (dites lettres cadelées), décorées et historiées en noir, entourées de têtes d'hommes (beaucoup sont des caricatures ou ont un air moqueur), d'animaux ludiques et de figures humaines - licornes, chiens, cerfs, lièvres, des saints, la Vierge et l'Enfant, Jésus l'Enfant, la Vierge de la Compassion, le Christ de Douleurs, le Christ Bon Pasteur, des saints et des apôtres, etc.). Elles reviennent une ou deux fois, dans les bas-de-page. Les pages incluant les images d'apôtres ont leurs noms abrégés écrits à la mine de plomb dans les marges et servent ainsi d’instruction pour l'enlumineur. Surtout dans la première partie du livre, les licornes et cerfs – symboles du Christ - apparaissent souvent en dessus ou à côté de ces lettres. Des petits animaux, des scènes de chasse ou des nudités, des enfants jouant sont ajoutés pour remplir les lignes presque jusqu'à la fin du livre. Ils sont espiègles et plein de charme, au point que l'art des lettrines figurées est renforcé par leur grande diversité. Les sujets choisis – beaucoup d'angelots aux cheveux blonds et bouclés, et aux joues roses – semblent se référer à un vocabulaire naïf.

Serait-ce là la signature d'un couvent allemand ou alsacien marqué par ce travail appelé “Nonnenarbeit” (cf. Oliver, 2007, p. 214) ? Peut-être d'un couvent du Rhin supérieur en Alsace (Strasbourg, Colmar ou Fribourg) ? Ou bien sommes-nous dans un atelier professionnel laïque en milieu urbain ? Les artistes semblent aussi avoir été influencés par le cercle de Strasbourg des “Ateliers de 1418”, et par les artistes travaillant dans et autour de la cathédrale (Strasbourg 1400, 2008). Le style rappelle aussi le travail de l'atelier de Diebold Lauber à Haguenau (c. 1450). Mais ses manuscrits illustrés sur papier et en langue vernaculaire étaient préparés pour un autre public. Pour d’autres éléments de comparaison, voir aussi : Bern, Bürgerbibliothek, Cod. 810, Strasbourg, c. 1380-1410 ; Stuttgart, Württembergische Landesbibliothek, Cod. Pet. et phil. fol. 2, 1467 ; ou Cambridge, Mass., Houghton Library, ms. Richardson 39, Colmar, c. 1475- 1500 (Saurma-Jeltsch, 2001). Cependant, le rayonnement des ateliers de Strasbourg et leurs productions avaient à cette époque atteint d'autres régions, et l'origine de ce Graduel pourrait aussi se trouver quelque part plus au nord, vers Mayence, ou au sud de Cologne.
 
Le style un peu anguleux de la palette qui a été utilisé et la mode des vêtements que portent les figures, avec des chaussures pointues, des robes à larges bords et des chapeaux hauts, conduisent à dater ce manuscrit des années 1450. Le style des portraits, avec ces personnages à fronts hauts et leurs joues rouges indique peut-être plus vraisemblablement une origine du Haut-Rhin. Mais on peut aussi supposer que d’anciens modèles imprimés dans le monde de l'imagerie et des premières gravures sur bois (par exemple celles du Maître des Jeux de Cartes) peuvent aussi avoir servi d'exemples (Strasbourg 1400, 2008, pp. 176-177). La multiplicité éventuelle des mains impliquées dans la création de ce manuscrit monumental ne saurait cependant amoindrir la profonde unité artistique d’un livre richement illustré dont on perçoit l’unité harmonieuse tout au fil des pages.

CONCLUSION

D'autres recherches seraient à conduire pour identifier le style particulier de ces lettrines à traits de plume. Leur identification stylistique permettrait de situer plus précisément l'origine de ce manuscrit. Il est ainsi remarquable qu'un tel codex, aussi volumineux, ait une origine perceptible mais inassignable. En soi, cela forme un défi pour la recherche future.
 
Quoi qu'il en soit, cet extraordinaire Graduel monumental n'a pas encore livré ses secrets. Mais, au moins, il nous présente une page d'ouverture richement enluminée ainsi que de nombreux autres feuillets amplement décorés. Et toutes ces enluminures et décorations, d'une grande et charmante qualité, datent des années 1450 et proviennent sans aucun doute de la région du Rhin.
 
Bien que ce Graduel “dit Oettingen-Wallerstein” présente encore certaines énigmes, il a été suggéré qu’il appartenait à la collection du Prince d'Oettingen-Wallerstein à Harbourg (cette partie qui a été incluse dans la vente aux enchères de 1933 sous le titre de “vente Marcus Fugger” ; ce manuscrit était le lot 1). Cette bibliothèque avait été formée par le comte Ernst II d'Oettingen-Wallerstein (1594-1670) qui avait uni différentes collections de livres propres à sa famille et ajouté, peu après 1653, celle de son beau-frère Marquart Fugger (y compris ceux du grand-père Marcus Fugger). A celles-ci a été encore ajoutée en 1794 la collection complète de Franz Wilhelm von Oettingen-Baldern, qui depuis 1745 avait été attaché au Chapitre de la Cathédrale de Cologne et en était devenu le trésorier. En 1801, suite à la politique du temps et à la laïcisation des biens du clergé en Allemagne, la famille reçut 5000 volumes de cinq institutions monastiques : deux couvents cisterciens à Kirchheim et Maihingen et trois monastères bénédictins de Mönchsdeggingen (Ries), Sainte-Croix (Donauwörth) et St. Mang (Füssen). Par la suite appauvrie, la famille vendit une partie des collections. Beaucoup de ces livres se trouvent à présent à la bibliothèque de l'université d'Augsbourg. Cette histoire et les provenances multiples de ces livres offrent à l’évidence de nouvelles options passionnantes à la recherche. Elles permettront un jour de retracer l’origine et la provenance de ce précieux livre de chœur qui a appartenu jadis à l’une des plus importantes bibliothèques de l’histoire européenne.

BIBLIOGRAPHIE : Chr. Beier, “Die Devotio moderna und der Medienwandel : Buchmalerei in Handschriften und Inkunabeln aus dem Augustiner-Chorherrenkloster Eberhardsklausen”, Wiener Jahrbuch für Kunstgeschichte, Band LVIII (2010), pp. 136-160 -- Chr. Beier, “Buchmalerei aus dem Kloster Eberhardsklausen”, Rund um den Dom. Kleine Beiträge zur Geschichte der Trierer Bücherschätze, Festschrift für Franz Ronig, 2007, pp. 7-24 -- J. H. Oliver, Singing with angels: Liturgy, music, and art in the gradual of Gisela von Kerssenbrock, Turnhout,2007 -- E. Hemfort, Monastische Buchkunst zwischen Mittelalter und Renaissance. Illuminierte Handschriften der Zisterzienserabtei Altenberg und die Kölner Buchmalerei 1470-1550, Bergisch Gladbach, 2001 --
À propos des collections Oettingen-Wallerstein, cf. : http://www.bibliothek.uni-augsburg.de/sondersammlungen/oettingen_wallerstein/geschichte/anfaenge/ -- Th. Kock, Die Buchkultur der Devotio moderna: Handschriftenproduktion, Literaturversorgung und Bibliotheksaufbau im Zeitalter des Medienwechsels. Frankfurt 1999 -- St. Mossman, N. Palmer, F. Heinzer et al., Schreiben und Lesen in der Stadt: Literaturbetrieb im spätmittelalterlichen Strassburg, Berlin / Boston, 2012 -- W. Oeser, “Die Handschriftenbestände und die Schreibtätigkeit in Augustiner-Chorherrenstift Böddeken”, Archiv für Geschichte der Buchwesens 7, 1967, esp. 2383-2448, 317- 448 -- sur Diebold Lauber, cf. : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/de/bpd/glanzlichter/oberdeutsche/lauber.html -- L. Stamm, Die Rüdiger Schopf-Handschriften. Die Meister einer Freiburger Werkstatt des späten 14. Jahrhunderts und ihre Arbeitsweise, Aarau, 1981 -- L. Saurma-Jeltsch, Spätformen mittelalterlicher Buchherstellung. Bilderhandschriften aus der Werkstatt Diebold Laubers in Hagenau, Wiesbaden, 2001 -- Strasbourg 1400. Un foyer d’Art dans l’Europe gothique, Strasbourg, 2008

 

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