LA ROCHEFOUCAULD, François, duc de

Mémoires de M.D.L.R. sur les Brigues à la mort de Louis XIII

Cologne, Pierre van Dyck, 1669

RARE EXEMPLAIRE EN MAROQUIN ET PROVENANCE DU TEMPS. L’UN DES TEXTES LES PLUS PASSIONNANTS DU XVIIeSIÈCLE. ESSENTIEL À LA COMPRÉHENSION DES MAXIMES QU’IL PRÉFIGURE PUISQUE L’AUTEUR EST ICI ACTEUR

SIXIÈME ÉDITION ORIGINALE, d’après Rochebilière, composée d’après les deux premières éditions de 1662 comme l’a établi Jean Marchand

In-12 (130 x 70mm)

 

RELIURE DE L’ÉPOQUE. Maroquin rouge, triple filet doré, dos richement orné, tranches dorées

PROVENANCE : Nicolas de Malezieu (1650-1727 ; ex-libris manuscrit) -- Guillaume de Chavaudon, Président au Parlement (ex-libris armorié) -- C. Thisse (ex-libris)- -- Jacques Dennery (ex-libris ; Paris, 20 juin 1984, n° 100, FF2500)

 

Les Mémoires de La Rochefoucauld sont indispensables à la connaissance de l’auteur des Maximes. C’est ici que le moraliste naît et s’incarne, dans cette inestimable galerie de portraits des principaux protagonistes de la Fronde : Madame de Chevreuse, Condé, Conti, Madame de Longueville, le cardinal de Retz etc. Sans oublier le portrait de La Rochefoucauld lui-même, infatigable protagoniste de complots et cabales menés par les femmes contre Richelieu et Mazarin puis en militant d’une aristocratie dépassée, déçu par la politique. L’autoportrait (ou autofiction, dirait-on aujourd’hui) est de 1659 ; les superbes Maximes de 1664. Le plaidoyer pro domo des Mémoires constitue le prélude et le commentaire des Maximes, dévoilant l’expérience qui donne naissance au savoir désenchanté de l’un des plus grands écrivains français.

 

La bibliographie de La Rochefoucauld est un casse-tête, qu’il s’agisse des Maximes (avec la fameuse édition de 1664) ou des Mémoires, tous deux plusieurs fois réédités et transformés du temps même de leur auteur. Jean Marchand a défini les éditions différentes et souligné leurs qualités originales. De l’édition de 1662 dite originale et qualifiée d’ « inachevée » par J. Marchand (car il y eut une première édition « disparue » imprimée à Rouen), on rencontre souvent des exemplaires dans de sobres, mais anonymes, reliures de vélin.

 

 

Sachant ces deux textes nécessaires à toute collection littéraire, on peut comme Édouard Rahir posséder la séquence des éditions originales différentes. Il est aussi possible de privilégier les rares exemplaires en reliure de maroquin de l’époque témoignant d’une appropriation par un lecteur contemporain. C’est le cas de celui-ci, qui appartint à Nicolas de Malézieu, précepteur du duc du Maine et du duc de Bourgogne, ami de Fénelon et de Bossuet, familier de la cour de la duchesse du Maine à Sceaux. Il était homme de lettres, membre de l’Académie française, traducteur d’Euripide et scientifique. Le décor du dos de la reliure, sans doute réalisée par Antoine Ruette, présente un fleuron déjà utilisé par son père, Macé Ruette : petit vase garni de fleurs, amélioré par un chardon central avec un oiseau de chaque côté.

RÉFÉRENCES : J. Marchand, Bibliographie générale raisonnée de La Rochefoucauld, Paris, Giraud-Badin, 1948, p. 54, n° 15 -- Tchemerzine, Bibliographie d’éditions originales et rares d’auteurs français, IV, 30 - Rochebilière, n° 441 -- ce texte manque à la collection Jean A. Bonna