[GOETHE, Johann Wolfgang von, et Johann Peter Eckermann]

 

2 500 €

[GOETHE, Johann Wolfgang von, et Johann Peter Eckermann]

Gespräche mit Goethe in den letzten Jahren seines Lebens. 1823-1832

Leipzig, Magdebourg Brockhaus, 1836 [et Magdebourg, Heinrichshofen’sche Buchhandlung, 1848]

« LE MEILLEUR LIVRE ALLEMAND QU’IL Y AIT » (NIETZSCHE)

ÉDITION ORIGINALE

 

3 parties en 3 volumes in-8 (175 x 110mm)

Part. I : XIV, 386 pp. ; Part. II : 2 ff. bl., 360 pp., XX ; Part. III : XVI, 375 pp. 3 faux-titres

RELIURES UNIFORMES DE L’ÉPOQUE. Cartonnage de papier marbé noir et gris, dos à la bradel, pièces de titre de maroquin rouge, tranches peintes de bleu

PROVENANCE : C. Behr 1865. 24th December Poopen (ex-libris ms.) -- Behr-Poopen (cachet)

Quelques éclats aux reliures

Ces trois volumes d’entretiens entre Goethe et son secrétaire forment l’un des magnus opus nécessaires à la bibliothèque d’un homme cultivé. Ici, dans les deux premières parties, tout est de Goethe qui eut le temps de les corriger. La troisième tient davantage du secrétaire Eckermann. Il eut d’ailleurs le culot d’appeler l’ensemble Eckermann Gespräche mit Goethe, inversant le titre naturel que les langues étrangères conservent dans son ordre de préséance évident : Conversations de Goethe avec Eckermann. Certaines des Conversations résonnent avec force dans les oreilles souvent peu germanistes des contempteurs de la puissance économique allemande :

 

Nous autres Allemands, nous datons d’hier. Depuis un siècle nous avons fait pas mal de progrès, certes ; mais il devra s’écouler encore deux siècles avant que l’esprit pénètre suffisamment chez nos compatriotes, que la haute culture soit assez répandue pour qu’ils rendent hommage à la beauté comme les Grecs, pour qu’ils s’enthousiasment d’un beau chant et qu’on puisse dire d’eux : jadis, il y a longtemps, ceux-ci étaient encore des barbares. (3 mai 1827)

 

Le compagnon inévitable de la lecture de Goethe, c’est Nietzsche. Les dialogues sereins de Goethe avec son secrétaire et les constructions de Poésie et Vérité semblent en effet trouver leur prolongement dans le monologue exalté d’Ecce homo. Les Conversations de Goethe et Eckermann sont bien pour Nietzsche « das beste deutsche Buch, das es gibt » (Humain, trop humain, Le Voyageur de l’ombre, § 109).

RÉFÉRENCES : Goedecke, IV, 2, 501, 297 a/b et XIII, 405, 16