MALLARMÉ, Stéphane

 

10 000 €

MALLARMÉ, Stéphane

Villiers de l’Isle-Adam

Paris, L’Art indépendant, 1890.

TRÈS RARE EXEMPLAIRE DE TÊTE, L’UN DES CINQ SUR JAPON IMPÉRIAL.

 

MALLARMÉ AU CHEVET DE VILLIERS. UN DES TEXTES LES PLUS LYRIQUES DE MALLARMÉ : « UN HOMME AU RÊVE HABITUÉ VIENT ICI PARLER D’UN AUTRE QUI EST MORT »

ÉDITION ORIGINALE

 

In-8 (248 x 156mm)

TIRAGE : un des cinq exemplaires de tête sur japon impérial. Celui-ci numéroté 3

RELIURE JANSÉNISTE SIGNÉE DE DEVAUCHELLE. Maroquin noir, dos à nerfs, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés. Etui

 

 

PROVENANCE : comte Henri Bégouën, poète, préhistorien célèbre et bibliophile, né en 1863 et mort en 1956 (ex-libris manuscrit). Dans sa jeunesse, ce grand ami de Teilhard de Chardin avait publié chez Vanier un recueil de poèmes : Vers de couleurs

Infimes restaurations aux couvertures

Mallarmé écrivait quelques années avant la mort de Villiers (août 1889), dans sa lettre autobiographique à Verlaine, que Villiers était, avec Mendès et Manet, l’une des « grandes amitiés » de sa vie. Ils s’étaient rencontrés en 1863 chez le père de Mendès à Choisy-le-Roy. Villiers avait vingt-cinq ans, Mallarmé vingt-et-un. L’aîné des deux, ami de Baudelaire, grand amateur de Wagner et auteur d’Isis (1862) ne pouvait qu’impressionner le jeune professeur de Tournon. L’aventure du Parnasse contemporain, quelques années plus tard, renforça leur amitié. Mallarmé garda toujours pour Villiers autant d’admiration que d’affection. Quand Villiers fut atteint d’un cancer en 1889, Mallarmé organisa (comme il le fera aussi pour Verlaine) une « cotisation amicale ». Et quand il fut transporté à l’hôpital, c’est lui qui hâta in extremis son mariage avec sa concubine à seule fin que son fils ait un nom.

 

« La conférence sur Villiers de l’Isle-Adam est sans doute une des grandes oraisons funèbres de notre littérature ; elle est aussi, avec le texte sur Rimbaud, l’une de ces biographies paradoxales où Mallarmé récuse le sens ordinaire de ce que l’on nomme la vie ; elle est évidemment le témoignage d’une amitié parfaite entre l’auteur d’Hérodiade et celui d’Isis. Elle est tout cela, mais elle n’est pas que cela. A travers l’évocation de la destinée exemplaire de Villiers, dans ce discours porté par l’émotion la plus haute, une méditation sur l’acte d’écrire et sur sa signification métaphysique, historique et politique. ‘Sait-on ce que c’est qu’écrire ?’ » (Bertrand Marchal, p. 1579)

 

L’étude (ou oraison funèbre) de Mallarmé consacrée à Villiers de l’Isle Adam avait d’abord paru dans le numéro du 15 mai 1890 de La Revue d’Aujourd’hui avant d’être publiée en volume. Cette édition de 1890 fut suivie d’une réédition en 1892 « en raison de la grande rareté de l’édition originale » (Clouzot). Les quatre autres exemplaires sur japon de l’édition originale ont été présentés dans des ventes aux enchères : le n°1 qui porte un envoi à Picard, en novembre 1951, un autre figurait à la vente André Gide d’avril 1925, un troisième, broché avec un envoi en janvier 1919, et le dernier, également broché, portant un envoi à Tausserat, est passé en vente en 1966. Aucun autre exemplaire sur japon n’a été présenté dans les ventes aux enchères internationales ou nationales depuis 1977.

RÉFÉRENCES : Oeuvres complètes II, éd. par Bertrand Marchal, Paris, 1998, pp. 1579 et suiv. – Clouzot, Guide du bibliophile, p. 195