GIDE, André

 

5 000 €

GIDE, André

Lettres à Angèle. 1898-1899

Paris, Mercure de France, 1900

ENVOI D’ANDRÉ GIDE À HENRI DE RÉGNIER, L’UNE DE SES PLUS ANCIENNES AMITIÉS ET ADMIRATIONS LITTÉRAIRES

ÉDITION ORIGINALE

 

In-12 (148 x 120mm)

TIRAGE unique à trois cent exemplaires sur papier de Hollande

 

ENVOI : A Henri de Régnier qui croit que je ne suis plus son ami, André Gide

BROCHÉ, non rogné.

Les Lettres à Angèle parurent d’abord en revue dans L’Ermitage, en 1898 et 1899. Gide collabora à cette revue dès sa fondation en 1897 en y faisant paraître Les Nourritures terrestres sous le titre de Ménalque. En 1900, il rassembla ces Lettres à Angèle en volume.

 

Cet envoi de Gide à Henri de Régnier rappelle l’amitié qui les lia pendant plusieurs années au moment même qu’elle est sur le point de se rompre. Henri de Régnier, de cinq ans l’ainé de Gide, est l’un des poètes que l’auteur d’André Walter admira le plus dans sa jeunesse. Ensemble, ils firent le premier vrai voyage de Gide, à travers la Bretagne, en 1892. Pendant plus de dix ans, leurs lettres discutèrent des idées et des œuvres de cette fin-de-siècle. Ils fréquentèrent Pierre Louÿs et le milieu d’Heredia, Paul Valéry, Francis Jammes. Mais Gide, en 1900, au moment de la parution en volume de ces Lettres à Angèle a le tort de ne guère aimer le roman un peu trop « polisson » de Régnier, qui venait juste de paraître, La Double Maîtresse : blessé, Régnier ne devait jamais lui pardonner cette critique, et se déroba toujours à une réconciliation, que Gide souhaitait pourtant. Leurs relations s’espacèrent. Un dernier échange épistolaire en 1911 ne fut suivi, de la part de Régnier, que de marques d’hostilité rancunière vis-à-vis de son ancien ami, devenu à ses yeux « un médiocre prosateur à la médiocrité prétentieuse ». Gide demeura quant à lui fidèle à son admiration de jeunesse et fit une belle place aux vers de Régnier dans son Anthologie de la poésie française (1949) publiée dans la Pléiade.

RÉFÉRENCES : Claude Martin, André Gide ou la vocation du bonheur, Paris, Fayard, 1998, t. I, p. 362 -- André Gide et Henri de Régnier, Correspondances 1891-1911, sous la dir. de Heather Franklyn et David J. Niederauer, Presses Universitaires de Lyon, 1997