GRÉBAN, Arnoul et Simon, et Jehan Michel

 

12 000 €

GRÉBAN, Arnoul et Simon, et Jehan Michel

S’ensuit le mistere de la Passion de nostre Seigneur Jésuchrist...

Lequel mistere fut joué à Angiers moult triomphalement... Avec le nombre de personnages qui sont à la fin dudit livre. Et sont en nombre Cxli

Paris, Alain Lotrian, 1541-1542

BEL EXEMPLAIRE DES « MYSTÈRES DE LA PASSION », L’UNE DES PLUS GRANDES PIÈCES DU THÉÂTRE MÉDIÉVAL

In-8 (180 x 127mm)

Titre imprimé en rouge et noir. Initiales gravées

COLLATION conforme à Bechtel : 254 feuillets

ILLUSTRATON : douze figures gravées sur bois : une sur le titre [Christ en croix], une au verso [saint Jean l’Evangéliste], neuf dans le texte et la douzième au verso du dernier feuillet [armes royales]. Les neuf bois dans le texte sont les suivants : ff. - a2 [saint Jean prêchant], - c4 [tentation de Jésus], - i2 [Jaïrus et sa fille], - i3v [le Christ et la Samaritaine], - l1v [la décollation de saint Jean], - x2 [l’aveugle-né], - A4v [Jésus sur l’âne], - EE4v [la Crucifixion] et - HH4v [la descente aux enfers].

 

RELIURE : daim gris-vert, dos à nerfs, tranches rouges

PROVENANCE : Maurice Desjardins (ex-libris)

Le Mystère de la Passion d’Arnoul et Simon Gréban est considéré comme l’œuvre maîtresse du théâtre religieux du XVe siècle. On connaît peu de choses des frères Gréban, sinon qu’ils sont originaires du Mans, et qu’Arnoul (né avant 1420, mort vers 1485) fut un temps organiste de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Clément Marot a pu écrire : « Les deux Gresban ont le Mans honoré. » (Epigramme 223). Le Mystère de la Passion fut écrit à la demande des échevins d’Abbeville et joué pour la première fois à Paris, vers 1450. Dans son état originel, il comptait près de 35.000 vers et se divisait en un prologue et quatre journées embrassant « le Commencement et la Création du monde, la Nativité, la Passion et la Résurrection de nostre sauveur Jésus-Christ »

 

L’œuvre des frères Gréban fut augmentée par Jehan Michel, docteur en médecine angevin (mort en 1493). Il composa sa propre Passion en y incorporant les vers de Gréban. La longueur du drame doubla et atteignit 65.000 vers divisés en dix journées. Cette nouvelle Passion présente des aspects plus plaisants que l’œuvre originale des Gréban, et même des passages profanes assez curieux comme les amours de Judas et la vie mondaine de Madeleine. Bechtel ne cite que deux exemplaires de cette édition : celui conservé à la BnF (cote Rés. Yf-1602(2), et un incomplet (Paris, 14 juin 1996, n° 84)

RÉFÉRENCES : G. Bechtel, Catalogue des gothiques français, G-209 – J.-C. Brunet, Manuel du Libraire, III, 1974