VASARI, Giorgio

Le vite de’ piu eccellenti pittori, scultori, e architettori

Florence, Giunta, 1568.

SUPERBE EXEMPLAIRE GRAND DE MARGES et RELIÉ EN MAROQUIN ROUGE au XVIIeSIÈCLE.

 

LA PLUS BELLE ÉDITION DES VIES DE VASARI : À L’ORIGINE DE L’HISTOIRE DE L’ART. PMM 18

PREMIÈRE ÉDITION ILLUSTRÉE

 

3 volumes in-4 (238 x 161mm)

Pages de titre imprimées dans des encadrements architecturaux gravés sur bois. Les armes des Médicis, en tête, répondent à une vignette représentant Florence

COLLATION conforme à Mortimer : volume I : A-B4 +-5+4 A-Z4 2A-Z4 3A-T4 V2 ; volume II : *-5*4 a-z4 2A-Z4 3A2 ; volume III : A2 +-5+4 2a-e4 3A3 3B-Z4 4A-Q4 4R2 4S-Z4 5A-Z4 6A-H4 (sans 6H4 blanc)

ILLUSTRATION : portrait de Vasari en B4v (volume I), répété en 6D1v (volume III), 144 portraits d’artistes dans des médaillons et des encadrements de figures féminines représentant les arts

 

RELIURES UNIFORMES DU XVIIe SIÈCLE. Maroquin rouge, encadrement de filets dorés, dos à nerfs ornés, tranches dorées

PROVENANCE : Amedeo Svajer (ex-libris ; (1727-1791), libraire vénitien d’origine allemande, dont une partie de la collection fut acquise en 1793-1794 par la Biblioteca Marciana de Venise)

Giorgio Vasari (1511-1574), natif d’une famille modeste d’Arezzo, fut élevé à Florence. Il devint un architecte et un peintre reconnu, travaillant au service des Médicis et du pape. Vasari fut le premier à avoir utilisé, en 1550, le mot « rinascita », « renaissance », pour désigner la résurrection des lettres et des arts renouant avec l’Antiquité. La première édition des Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes italiens depuis Cimabue jusqu’à notre époque parut sans illustration en 1550. Vasari avait pour amis certains des artistes dont il fit le portrait dans les Vite, notamment Michel-Ange.

 

L’édition illustrée des Vite, considérablement augmentée, parut en 1568. La galerie d’artistes composée de cent vingt « vies », depuis Cimabue jusqu’à Michel-Ange, est divisée en trois périodes. La première commence au milieu du XIIIe siècle avec les artistes toscans qui, « abandonnant le vieux style, se mirent à copier les Anciens avec entrain et diligence ». Giotto domine cette première phase tendant à libérer la peinture de l’influence byzantine. La seconde période correspond au XVe siècle, qui voit d’immenses améliorations techniques. Elle est marquée par Brunelleschi qui conçut la coupole du Duomo à Florence, Masaccio qui perfectionna la perspective, et Donatello. Selon Vasari, ces créateurs cherchaient à imiter la nature, « mais rien de plus ». Leurs oeuvres sont encore « sèches et dures », attachées au modèle. Cette floraison artistique est indissociable du mécénat des Médicis à Florence. La troisième période, contemporaine de Vasari, est celle de la « manière parfaite », incarnée par Léonard de Vinci, Raphaël et surtout Michel-Ange. Cette époque est, pour Vasari, celle durant laquelle « l’art a réalisé tout ce qui est permis à un imitateur de la nature ; il s’est élevé si haut que son déclin serait maintenant à redouter plutôt que d’autres progrès à attendre ».

 

Ces interprétations et cette méthodologie de Vasari formèrent la colonne vertébrale d’une nouvelle discipline, l’histoire de l’art. La possession d'un bel exemplaire de cet ouvrage a donc toujours été considéré comme nécessaire à toute collection tournée vers les arts.

RÉFÉRENCES : Printing and the Mind of Man, 88 (« the first modern history of art ») -- Mortimer Italian 515 -- Adams V-296 -- Gamba 1725