MONTAIGNE, Michel de

Les Essais de Michel de Montagne

divisez en trois livres

Lyon [mais Genève], François le Febvre, 1595

EXEMPLAIRE DE GUSTAV LEONHARDT, CÉLÈBRE CLAVEciNISTE HOLLANDAIS ET GRAND HISTORIEN DE LA MUSIQUE BAROQUE, RELIÉ AU XVIIeSIÈCLE EN VÉLIN IVOIRE.

LA GRANDE ÉDITION PROTESTANTE DE MONTAIGNE.

PREMIÈRE APPARITION DU TITRE SOUS SA FORME DÉFINITIVE : LES ESSAIS 

In-12 (135 x 80mm)

Page de titre en premier état, sans la mention « Chevalier de l’Ordre ». Sans les deux feuillets *2 comportant la « Préface de l’autheur » et le sonnet de Claude Expilly, non requis pour la complétude de l’ouvrage (ajoutés après 1598 dans certains exemplaires et imprimés sur un papier différent, aux pontuseaux inversés). Gros fleuron gravé sur bois imprimé sur la page de titre ; bandeaux et initiales gravés sur bois ; i6, 2a5 mal signés i7, 2a6

COLLATION : *122*12 a-z 2a-r122s2

ANNOTATIONS à l’encre d’une main contemporaine (soulignements) : pp. 96-100

RELIURE (ITALIENNE ?) VERS 1650. Vélin ivoire à plats rigide, dos long avec pièce de titre peinte de brun et dorée, tranches mouchetées

PROVENANCE : Gustav Leonhardt, célèbre claveciniste hollandais et maître de l’histoire de la musique baroque

Très pâle mouillure dans la marge intérieure allant s’atténuant, petite galerie de vers négligeable dans la marge intérieure de quelques cahiers et dans la marge inférieure des cahiers 2i-s avec infime atteinte au bas du texte à la fin du volume, petit manque angulaire sans atteinte au texte à la p. 675

« Impression genevoise sans privilège, censurée par les soins de Simon Goulart et composée à partir de l’édition lyonnaise de 1593 publiée par Lagrange... Le Febvre indique sur la page de titre qu’il est « de Lyon », mais il est évident qu’il reçut l’approbation des autorités genevoises pour la publication de cette édition huguenote des Essais. » (Ph. Desan). Cette édition a le mérite double et paradoxal d’être la première à accorder au titre Essais le superlatif de l’article Les qu’il conservera à tort jusqu’à nos jours, tout en censurant Montaigne pour la première fois. Le libraire François Le Febvre qui exerçait à Lyon dût s’enfuir à Genève pour cause de religion. Il est ainsi « évident » (Ph. Desan) que ce livre fut imprimé et censuré à Genève. Montaigne fut transformé en auteur pudibond. Toutes les allusions gaillardes aux women, sex and religion (Sayce) sont amputées ou transformées. Les chapitres III et IV sont contractés et particulièrement le long passage commençant par « je dirai cecy des erreurs de ma jeunesse ».

 

Cette édition est rare. On ne recense depuis 1977 que l’exemplaire Pottié-Sperry en vélin du XVIIe siècle (vente, 2003), semblable à celui-ci, et l’exemplaire détérioré de Graham Pollard vendu à un prix très remarquable en Allemagne (Hartung, 7-9 novembre 2011, lot 180). Fait curieux, la pièce de titre de cet exemplaire semble italianiser Montaigne en le prénommant « Michele ».

RÉFÉRENCES : Sayce & Maskell, Bibliography of Montaigne’s Essais, Londres, 1983, n° 6(a) -- A. Tchemerzine, Bibliographie des éditions originales et rares d’auteurs français, IV, p. 875 -- Ph. Desan, Bibliotheca Desaniana. Catalogue Montaigne, Paris, 2011, n° 20