MALHERBE, François de

 

6 500 €

MALHERBE, François de

Lettre de consolation à Madame la Princesse de Conty sur la mort de Monseigneur le Chevalier de Guise, son frère

Paris, Toussaint du Bray, 1614

L’UNE DES TRÈS RARES OEUVRES PUBLIÉE PAR MALHERBE DE SON VIVANT. IL FIT ENTRER LA LITTéRATURE DANS L’ÂGE CLASSIQUE

ÉDITION ORIGINALE

 

 

 

In-8 (158 x 102mm)

 

COLLATION : A-G: 28 feuillets

 

 

 

RELIURE SIGNÉE DE CAPÉ. Veau blond, encadrement de filets dorés, dos à nerfs orné, tranches dorées

 

PROVENANCE : Librairie Pierre Berès (pas dans les catalogues de ventes aux enchères)

 

Trait à l’encre violette sur le titre et renfort de la marge extérieure, avec quelques lettres reprises à la plume, quelques piqûres. Charnière restaurée et fragile

De son vivant François de Malherbe (1555-1628) ne publia que quelques petites plaquettes. Ce grand réformateur de la langue française codifia et simplifia le langage poétique. Il annonce les grands versificateurs à venir, notamment Corneille. Ses discours et lettres dessinent une éloquence qui se déploiera chez Bossuet et Pascal. Cependant la très grande partie de son oeuvre ne fut publiée que de manière posthume à partir des papiers qu’il avait laissés. Les publications ante-mortem de Malherbe sont très rares, qu’il s’agisse de poèmes de quelques feuillets ou de cette courte et incisive Lettre de consolation. Ces quelques oeuvres, recensées par Tchemerzine, sont les suivantes : Les Larmes de Saint Pierre (1587), Les Bouquet des Fleurs de Sénèque (attribué à Malherbe, 1590), deux Odes (dont l’une signalée comme « non vu » par Tchemerzine), Vers du Sieur de Malherbe (1610, décrit comme étant le « seul recueil de vers paru du vivant de l’auteur »), puis cette Lettre de Consolation (1614). Tchemerzine puis Lucien Scheler ne mentionnent aucun exemplaire de ces quelques ouvrages. Les grandes collections - dont celle de Jean Bonna - possèdent le plus souvent un exemplaire de l’édition posthume de ses Oeuvres parue en 1630, deux ans après sa mort. Aucun ouvrage de Malherbe publié de son vivant n’est recensé, ni dans le fichier Pierre Berès, ni dans les grands annuaires des ventes aux enchères depuis plus de trente ans.

 

La Princesse Louise-Marguerite de Conti, née en 1574, était belle. Aimée par Henri IV, avant d’être écartée par Gabrielle d’Estrées, légère et volage, elle fut la maîtresse de Bellegarde et épousa François de Bourbon-Condé, Prince de Conti. Malherbe adressa cette lettre de consolation à la Princesse de Conti à la mort de son frère, François-Alexandre-Paris, chevalier de Guise (1589-1614) tué, aux Baux par l’éclat d’un boulet de canon :

 

Mais puisque l’espérance de revoir ceux que nous aimons est la consolation de leur éloignement, pourquoi ne peut-elle être employée en cette absence, comme en toutes celles qui autrefois l’avoient séparé de vous ? Il n’y a pas d’apparence qu’il doive revenir au monde : mais y en a t’il que vous ne deviez point aller au ciel ? (F8)

RÉFÉRENCES : Tchemerzine, Editions originales et rares, IV, p. 336 -- Mignonne, allons voir..., Fleurons de la bibliothèque poétique de Jean-Paul Barbier-Mueller, n° 142 -- Brunet ne recense que les Oeuvres de 1630 et suivantes