BRAHÉ, Tycho

Opera omnia

sive astronomiae instauratae progymnasmata

Francfort, Johannes Godofred Schoenwetter, 1648

PREMIÈRE ÉDITION COLLECTIVE DES OEUVRES DE TYCHO BRAHÉ. TRÈS RARE EXEMPLAIRE EN MAROQUIN AUX ARMES

2 parties en un volume in-4 (230 x 185mm)

Marque typographique imprimée sur les deux pages de titre, bandeaux et initiales gravés sur bois, très nombreux diagrammes, illustrations et tableaux imprimés dans le texte. Les deux feuillets occupés par la dédicace à l’archevêque de Munich sont reliés à la fin du volume

COLLATION : (I) : A-Z42A-Z43A-O4 (dernier blanc) ; (II) : a-z42a-d43e):(2

ILLUSTRATION : 9 gravures sur bois imprimées à pleine page, qui représentent des constellations et les instruments scientifiques de l’auteur (quadrant, sextant, sphère armillaire, etc.)

 

RELIURE DE L’ÉPOQUE (SUD DE LA FRANCE). Maroquin rouge, décor doré, armes au centres plats, roulette d’encadrement, dos à nerfs, tranches mouchetées

PROVENANCE : François de Rignac (1580-1633), Procureur général à la Cour des Aides de Montpellier (cf. Olivier-Hermal-de Roton, pl. 1902 et Guigard, Nouvel armorial du bibliophile, II, 413)

Papier bruni comme tous les exemplaires publiés à la fin de la dramatique Guerre de Trente Ans, petite galerie de vers comblée sur le bord des vingt derniers feuillets du volume, supprimant quelques lettres (certaines retouchées à l’encre)

Cette première édition des oeuvres de Tycho Brahé contient ses deux textes les plus importants, à savoir le Progymnasmata (1602) et le De mundi aetherrei (1603). La Première partie traite de la nouvelle étoile découverte en 1572 et la Seconde partie de la fameuse comète de 1577. Ces textes jettent les fondements des systèmes astronomiques que développeront Kepler et Newton. Tycho Brahé (1546-1601) doit sa réputation à un remarquable talent d’observation qui lui fit découvrir le 11 novembre 1572 une étoile nova dans la constellation de Cassiopée. En 1577, il observa une comète et montra qu’elle ne pouvait pas se mouvoir dans l’atmosphère terrestre. Ces observations le conduisirent à composer sa célèbre Introduction à la Nouvelle Astronomie. La substance de ce livre, reprise et développée dans plusieurs éditions, constitue donc le tome I de ces Opera omnia. Le titre en est De restitutione motuum solis et lunae stellarumque inerrantium tractat. Brahé y étudie la position des étoiles fixes, les précessions et le mouvement annuel du soleil, sur la base de l’observation de la nova de 1572. Dans ce texte divisé en dix chapitres, l’auteur dialogue avec ses prédécesseurs et ses contemporains dont plusieurs documents rapportent les opinions contradictoires.

 

La reliure de ce superbe exemplaire est typique des ateliers du sud de la France, notamment de celui de Corberan, le relieur de Peiresc. Si François de Rignac épousa en 1627 une certaine Jeanne de Fabry, celle-ci n’a rien à voir avec son homonyme originaire d’Aix, Nicolas Fabri de Peiresc, quoique la reliure de cet exemplaire aurait pu laisser imaginer des liens de famille. En 1682, Colbert avait reçu en don, selon Léopold Delisle, cent quatre manuscrits de M. de Rignac, Conseiller à la cour des Aides de Montpellier et héritier des livres de François de Rignac. Vic et Vayssète racontent dans leur Histoire du Languedoc qu’Étienne Baluze avait repéré dès 1677 la bibliothèque de « feu M. de Lignac ».

RÉFÉRENCES : Houzeau & Lancaster 2704 -- Norman 321 -- Waller 12004