CONSTANT de Rebecque, Benjamin

 

3000 €

CONSTANT de Rebecque, Benjamin

Principes de politique applicables à tous les gouvernements représentatifs

Paris, Alexis Eymery, 1815

TEXTE FONDATEUR DU LIBÉRALISME

ÉDITION ORIGINALE

In-8 (196 x 119mm)
ANNOTATION : note d'une main contemporaine, à l'encre brune, dans la table des matières
RELIURE DE L'ÉPOQUE. Basane granité, dos long orné 

Restauration des charnières, des coiffes et des coins

Thermidorien, homme du Directoire, homme du Consulat, Benjamin Constant (1767-1830) , d'abord opposé à Napoléon, se rallie à lui pendant les Cent jours. Chargé de rédiger l’Acte additionnel aux Constitutions de l’Empire, il formule sa "théorie du régime parlementaire" et du libéralisme dans Principes de politique applicables à tous les gouvernements représentatifs, ouvrage dont la rédaction avait commencé dès 1806 : "Il y a bientôt vingt ans que je m'occupe de considérations politiques, et j'ai toujours professé les mêmes opinions, énoncé les mêmes voeux. Ce que je demandais alors, c'était la liberté individuelle, la liberté de la presse, l'absence de l'arbitraire, le respect pour les droits de tous. C'est là ce que je réclame aujourd'hui avec non moins de zèle et plus d'espérance" (p. 9).

Ce texte de Benjamin Constant peut être considéré comme le passage de la liberté au libéralisme, c'est à dire d'une pensée abstraite et dangereuse en politique à une pensée critique et morale. Après les excès de la Révolution et de l'Empire, Constant apparaît comme un penseur, avec du recul, nuancé, à la fois proche et distant du pouvoir, et finalement dans la lignée de certains moralistes de la première moitié du XVIIIe siècle (ou même peut-être, par l'intelligence, de Montaigne), mais avec cette différence qu'il a vu directement le choc violent des idées et de l'Histoire, qu'il écrit après les événements.

Avec sa lucidité singulière, il a bien vu une chose nouvelle, et que les publicistes du XVIIIe siècle avaient peu soupçonnée, c'est que la liberté n'est pas dans la souveraineté de la loi, et que la loi peut être un tyran. Ainsi, Benjamin Constant a inventé un libéralisme extrêmement net et prodigieusement froid et sec, qui n'est que le perpétuel besoin d'autonomie personnelle, et le soin d'élever toutes les barrières possibles entre le moi et toutes les formes existantes, ou prévues. En cela se rejoignent les deux courants de son oeuvre, politique et littéraire. L'alternance et le chevauchement de l'un et de l'autre sont remarquables. Un an après la publication des Principes de politique, c'est à dire après la seconde abdication de Napoléon, Benjamin Constant, réfugié en Angleterre, fit publier Adolphe.

RÉFÉRENCE : catalogue d'exposition de la Bibliothèque nationale de France, n° 190

 

BKS : 2669

 

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